[Exclu] Dan Arnoll (Hawai’i Pacific University/USA) : « Je passe mon Master à Hawai’i grâce au football ! »

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Profil =

Nom : ARNOLL
Prénom : Dan
Né le : 08/04/1996
A : Solihull (Grande-Bretagne)
Taille : 1m87
Poids : 88Kg
Poste : Gardien de But

 

 

Carrière =

- T.U. Verrières-Le-Buisson (débutant à 13 ans district)
- INF Clairefontaine
- PSG (2009/2014)
- US Palaiseau (2014/2015)
- California State University, Los Angeles (2016)
- Hawai’i Pacific University (2017)

 

« J’ai eu une chance incroyable

d’apprendre aux côtés

d’Areola et Maignan ! »

 

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1/ Salut Dan ! Bon alors que deviens-tu depuis ton départ du PSG ? A l’autre bout du monde paraît-il ? Pourquoi avoir opté pour l’éloignement ?

« Salut LTDPSG ! Il s’est passé pas mal de choses à vrai dire ! Juste après mon départ du PSG en 2014, j’ai un peu abandonné le circuit de haut niveau afin de me concentrer sur mes études à l’Université Paris-Dauphine où en 2016 j’ai obtenu ma Licence de Gestion en Apprentissage. En parallèle, j’ai rejoint le club de l’US Palaiseau (Niveau Régional) simplement pour le plaisir de jouer au foot avec mes potes. Durant mon année de Licence, j’ai entendu parlé de FFFUSA, une agence aidant les joueurs n’ayant pas réussi à percer à s’exiler aux Etats-Unis pour y mêler études et sport de haut niveau grâce à des bourses sportives et académiques. »

« Sans hésitation je me suis lancé dans l’aventure et j’ai atterri à Los Angeles pour passer un Master of Business and Administration (MBA) sur 2 ans. Cependant, après seulement une année très compliquée et une énorme déception, je me voyais soit rentrer en France terminer mon Master, soit essayer de transférer (i.e. changer d’université) afin de terminer mon MBA. Par miracle, cette opportunité à Hawai’i s’est présentée. C’était une opportunité en or tout d’abord car Hawai’i — pas vraiment besoin d’explication sur ce point ! ‘rires) —, mais également car je rejoignais des français. Lucas Libbra, un fanatique de l’OM (qui l’eu cru !) provenant du centre de formation de l’AC Ajaccio et du Gazélec, ainsi que deux entraîneurs français ayant été formés au centre de formation du FC Lorient quelques années plus tôt—Maël Lefebvre et Olivier Rolland, Maël étant gardien de but et donc mon entraîneur de gardien. »

« Donc bon, il m’était alors difficile de refuser une année à Hawai’i à étudier, jouer au football et découvrir ce petit bijou du Pacifique. En partant du PSG je ne comptais pas refaire de football à haut niveau, et 3 ans plus tard je me retrouve à passer mon Master à Hawai’i grâce au football, c’est fou n’est-ce pas !?! »

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2/ Etudes et football sont-ils cumulables ? D’ailleurs ton plaisir de garder les cages est-il toujours intact ?

« Etudes et football sont cumulables en France jusqu’au lycée. Une fois ce cap franchi, il faut faire un choix car concilier les deux devient vraiment mission impossible. J’en ai fait l’expérience, tout comme Nicolas Hélin et d’autres anciens titis. C’est une chose qui est fort regrettable en France, d’ailleurs. Aux Etats-Unis cependant, tout est fait pour. En effet, culturellement, le sport se fait à l’école : au lycée, à la fac. De fait, tout le système est fait pour permettre aux sportifs de haut niveau (les petits chouchous de la fac) de concilier études et pratique du sport à haut niveau : emplois du temps aménagés, conseillers académiques, priorités pour l’inscription aux classes. C’est vraiment parfait pour ceux qui aspirent à concilier études de haut niveau et sport de haut niveau. »

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3/ Quel est le niveau réel du championnat dans lequel tu évolues ? Et celui de tes coéquipiers ? Sont-ils curieux sur le fait que tu sois passé au PSG ?

« Pour être tout à fait honnête, les conférences (i.e. équivalent des ligues) dans lesquelles j’ai joué, je dirais que c’est du niveau DH. Les meilleures universités cependant évoluent à des niveaux avoisinant ceux de CFA ou CFA2 (N2 et N3 dorénavant). Après, les règles ne sont pas exactement les mêmes (système de remplacements des joueurs, prolongations et but en or match nul au terme des 90 minutes réglementaires, etc.), ce qui change un petit peu la façon dont les équipes jouent. De plus, le niveau tactique aux Etats-Unis n’est pas encore bien développé, les Américains sont encore très en retard. C’est donc un jeu très physique, avec énormément d’intensité. »

« Concernant les joueurs avec qui je joue, ceux qui sont vraiment bons et excellents joueurs sont généralement des joueurs sortant de centres de formation européens (Allemagne, Espagne, France, Angleterre ou Scandinavie) ou d’origine Mexicaine. Les Américains, sauf exceptions, sont souvent de vrais athlètes, mais assez limités sur le plans technique, tactique et généralement parlant footballistique. »

« Oui, mes coéquipiers sont souvent très curieux. Ils me posent beaucoup de questions sur la qualité de la formation, des joueurs que j’ai pu côtoyer, de ce que ça fait d’avoir été au PSG (ou à Clairefontaine d’ailleurs). Je ressens vraiment de l’admiration parfois, ce qui me fait toujours plus me rendre compte de la chance que j’ai pu avoir de faire partie de cette grande institution. Cela me rend également encore plus fier d’avoir porté les couleurs du PSG. »

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4/ La France, le PSG, les Titis… Ca ne te manque pas trop ? Suis-tu toujours l’actualité des rouge et bleu ? Le club fait-il l’actualité là où tu te trouves ?

« Bien sûr que cela me manque ! En partant à l’étranger, je me suis vraiment rendu compte que j’étais très Français et que c’était bien mon chez moi ! De même, et ce que je vais dire fait rapport particulièrement à Los Angeles et non Hawai’i, à voir parfois la qualité des terrains, des entraîneurs, des staffs médicaux, je me dis que le PSG était vraiment un autre monde, que nous étions des privilégiés et que c’était merveilleux. »

« Bien sûr qu’avec la distance je suis l’actualité des rouges et bleus. Particulièrement le parcours des gardiens que j’ai pu côtoyer, ou encore des joueurs avec qui j’ai pu jouer. Ça fait toujours très plaisir de les voir évoluer dans leurs carrières et de les voir s’approcher des sommets ! »

« Et bien sûr que le PSG fait partie de l’actualité même à 12,000 km et 11h de décalage horaire ! Surtout depuis les 5 dernières années, le club a pris une dimension stratosphérique qui le rend encore plus connu qu’il ne l’était déjà avant. Et avec les résultats (pros comme jeunes) et les stars qui suivent, la renommée du club est toujours plus grande même à l’autre bout du globe et au pays du « soccer » ! »

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5/ A terme quelles sont tes réelles ambitions sportives ? Les études d’abord ? Si le PSG avait décidé d’investir davantage sur toi aurais-tu prolongé ton aventure parisienne ? Compliqué de quitter le PSG ?

« Pour l’instant, sur le très court terme tout est clair : 1) obtenir mon MBA à Hawai’i en mai 2018, ensuite 2) rentrer en France pour ma dernière année de Master en Apprentissage à l’Université Paris-Dauphine —que je devrai obtenir en juin 2019.
Après tout cela, je me pose de très sérieuses questions, et ce dès maintenant. Parce que à la suite de mes études (MBA et Master), je n’aurais alors que 23 ans. Je serai encore assez jeune, même pour l’univers du football, pour jouer. »

« Du coup, avec ces diplômes en poche et restant sur une bonne saison, je me demande si me donner 3 à 4 ans pour retenter ma chance dans le foot en repartant de DH, CFA 2 ou CFA ne serait pas une idée/aventure sympa. Si ça marche, tant mieux. Et si ça ne marche pas, eh bien tant pis aucun regrets je me tournerai vers un métier plus « normal ». Je suis actuellement en réflexion, donc rien n’est dit. »

« Concernant le PSG, bien évidemment que j’aurais continué l’aventure si cela avait été possible. J’avais même été très clair avec la direction du centre concernant mes aspirations, comme quoi j’étais prêt à mettre mes études entre parenthèses pour m’engager complètement footballistiquement. Malheureusement pour moi, le club n’était pas prêt à me proposer les garanties minimales que j’exigeais pour continuer. Partir du PSG n’était pas facile, bien évidemment. Mais il faut parfois savoir faire preuve de bon sens, et pour moi à ce moment là c’était accepter que mon aventure chez les rouges et bleus touchait à sa fin. »

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6/ Quelles sont les premières images qui te reviennent à l’esprit de tes spécifiques au PSG ? Dans quels domaines as-tu progressé aux côtés du staff parisien ?

« Les fameux « bieeeeeen joué » et « chocolaaaat » d’Alfred, mon coach des gardiens au centre ha ha ha ! Plus sérieusement, je me souviens que ses spécifiques et sa manière d’entraîner les gardiens était dans la lignée de mon entraîneur des gardiens à Clairefontaine, Frank Raviot. Donc du travail de qualité, d’excellents enseignements, beaucoup d’exigence et beaucoup de plaisir. Encore aujourd’hui quand je travaille dans mon coin avec des amis gardiens je me refais des exercices que l’on faisait au PSG. Et avant tout, c’était la chance de bosser et apprendre au quotidien avec des gardiens comme Alphonse Aréola, Mike Maignan, Mory Diaw ou Rémy Descamps sur ma dernière année. C’était simplement un pur plaisir. »

« Concernant les domaines où j’ai le plus progressé au PSG, sans hésiter je te dirais le jeu au pied, le commandement de ma défense, le positionnement actif du gardien de but et les notions tactiques. Nos formateurs (David Bechkoura, Laurent Bonadéi) insistaient énormément sur le rôle que nous gardien de buts devions avoir dans l’équipe, similaire à celle qu’un Neuer ou Ter Stegen occupe — ce fameux « sweeper keeper ». Mike Maignan était d’ailleurs très impressionnant sur cette aspect, j’apprenais beaucoup en le regardant jouer lorsque j’étais sa doublure. »

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7/ Alphonse Areola, titulaire au PSG, 3ème gardien en EDF…Es-tu étonné par sa trajectoire ? Qu’est-ce qui l’avait de plus que les autres chez les jeunes ?

« Absolument pas. Mais alors absolument pas. Simplement pour l’avoir vu s’entraîner lorsqu’il était encore à l’INF Clairefontaine avec Frank Raviot (désormais son entraîneur des gardiens en EDF…), ou simplement quand je m’entrainais avec lui. Il était complètement au dessus. Physiquement il était grand et costaud alors qu’il était très jeune. Incroyable et impérial sur sa ligne, et sur le terrain malgré son jeune âge il dégageait une assurance impressionnante — l’instar de Mike Maignan, d’ailleurs. Le voir où il est actuellement ne me surprend absolument pas non. Pareillement pour Mike Maignan. Et c’est là où je me rends compte que j’ai eu une chance incroyable d’apprendre de ces deux jeunes espoirs, si on peut encore dire qu’ils sont des « espoirs » ! »

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8/ En dehors des études et du foot, de quoi sont fait tes journées ?

« En saison —entre mi-août et début novembre—c’est très intense car les matchs s’enchaînent à raison de 2 à 3 matchs par semaine. Du coup mes journées sont rythmées par les cours, les entraînements, les matchs, les déplacements sur le continent dans les Etats de la Californie, Oregon, Washington ou Utah, et beaucoup de soins/récupération. »

« Hors saison, c’est beaucoup plus fun. Mes journées sont rythmées par les cours, du sport pour garder la forme et pleins d’autres activités : bronzer sur les plages de sable fin et à eau turquoise, plongée en masque et tuba pour aller nager en plein océan avec des tortues, des dauphins, des raies mantas, coraux et autres poissons tropicaux, mais aussi randonnées dans les montagnes et les volcans hawaiiens… Il y a pire comme quotidien ! »

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9/ Avant que l’on se quitte, tu as bien une anecdote à nous faire part sur tes années CFA…Allez un p’tit truc croustillant !

« Une fois, en sortant de classe, il y avait les CAP métiers du foot (à l’époque si je le souviens bien en cours étaient Hervin Ongenda, Stéphane Lambèse, Yakou Méïté, Romain Habran et Devon Romil) qui avaient cours. Un des joueurs c’était fait sortir de classe surement pour bavardage. Un autre devait passer au tableau, mais vu qu’il n’en avait pas tellement envie, il s’était mis à feindre une crampe. Et là c’était comme dans une pièce de théâtre : les 3 autres assis en classe avaient alors fait semblant d’être des kinés/médecins sur un terrain de foot, venant voir le joueur au sol pour savoir s’il allait bien, puis demandant le changement du joueur « blessé ». Ils l’avaient alors porté comme sur un brancard, sorti de la classe, et le joueur qui avait été préalablement mis dehors par la prof était rentré en faisant des montés de genoux comme pour s’échauffer. La scène était surréaliste, très drôle et même la prof avait abandonné ! » (rires)

 Son 11 de Légende =

 1-I.Casillas

2-P.Lahm  4-F.Beckenbauer  5-P.Maldini  3-R.Carlos

6-S.Gerrard  8-A.Iniesta

10-Z.Zidane

11-L.Messi  9-Ronaldo  7-C.Ronaldo

Propos exclusifs recueillis pour LTDPSG