[Revue de Presse] Jonathan Ikone : « On attend plus de moi »

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EXCLU GOAL – 25e du classement des talents de demain, Jonathan Ikoné aspire à voir plus haut. A Montpellier, l’attaquant veut déjà jouer.

Comment se passent vos premières semaines à Montpellier

Jonathan Ikoné : Tout se passe bien, j’ai été très bien accueilli, je me sens bien. Je voulais avoir plus de temps de jeu, donc j’ai préféré être prêté et montrer ce que je pouvais faire en Ligue 1. C’est pour ça que j’ai choisi de venir à Montpellier. Il me manque les bonnes statistiques, mais j’espère que ça va venir. J’ai été blessé aussi (1 mois), mais maintenant c’est derrière moi.

C’est toujours difficile de faire le choix de quitter son club formateur, de quitter une certaine philosophie et de se mettre en danger ailleurs. Cela vous a traversé l’esprit au moment de faire votre choix ?

Chacun à son point de vue quand il faut faire des choix. Moi, j’estime que si tu es bon, tu peux réussir partout. On n’a pas le même jeu à Paris qu’à Montpellier mais c’est à moi de me donner à fond pour m’adapter et faire ce qu’on attend de moi ici. Il y a Jean-Louis Gasset que j’ai connu au PSG donc ça m’aide. Il connait mon profil, il sait comment m’utiliser.

Vous êtes 25e dans notre classement du Goal 50 des « talents de demain », ça représente quelque chose pour vous ?

C’est un plaisir parce que cela veut dire que l’on me regarde. C’est important de sentir ça. Maintenant, j’espère vite monter au classement (rires).

25e, c’est un peu trop loin ?

Un peu quand même…


« On attend plus de moi »


Quand vous voyez Kylian Mbappé deuxième, formé avec vous à Bondy, appelé en équipe de France, c’est une inspiration ?

Il a eu une progression énorme par rapport au petit de Bondy que j’ai connu et avec qui j’ai joué. Il mérite même d’être premier de ce classement (il est deuxième, ndlr). Si ça ne tenait qu’à moi, je le mettrais tout en haut. Il a évolué dans ses déplacements, devant le but il ne rigole pas… Et puis même dans le jeu, il est complet.

Vous avez gardé des attaches à Bondy ?

La famille, les amis… après au niveau du football, je retiens surtout les entraîneurs. Il y a de très bons coaches. Le père de Kylian par exemple qui m’a entraîné. C’est un très bon formateur qui m’a suivi jusqu’à mon départ au PSG. Je retourne souvent à Bondy, j’ai encore une maison là-bas.

Qu’est-ce que vous avez retenu de vos années de formation ?

De marquer. Toujours marquer. C’est souvent le reproche qu’on m’a fait : « tu penses trop à faire marquer et pas assez à marquer. » C’est vrai que je préfère faire des passes. Ensuite, je dois plus utiliser, et améliorer, mon pied droit. Enfin, je dois être plus régulier, mais ça on le dit à tout le monde.

Qu’est-ce qui a été le plus dur au moment de votre signature professionnelle au PSG ?

Les attentes autour de moi. Forcément, quand tu deviens professionnel, les gens attendent plus de toi. À chaque match, on me demandait de prouver ce que je valais, d’avoir une bonne feuille de statistiques. Ce n’est pas facile puisqu’en plus tu navigues beaucoup entre les professionnels et la CFA. À chaque fois, il fallait s’adapter. C’était le plus difficile je pense.


« Je n’ai encore rien prouvé »


Plus jeune, vous aviez Franck Ribéry comme exemple, c’est toujours le cas ?

C’est toujours un exemple. Il suffit de regarder sa carrière pour comprendre que c’est un exemple.

Qu’est-ce qui vous plait le plus chez lui ?

Ses percussions. Il arrive à éliminer son vis-à-vis tellement facilement… Lui aussi c’est un joueur qui ne marque pas souvent mais qui fait beaucoup de passes décisives. C’est ça que j’aime faire. Sur le terrain, j’essaye de faire comme lui parfois, mais je n’ai pas encore les mêmes crochets que Ribéry (rires). Ça va peut-être venir. J’essaye de reproduire ses crochets, mais je prends exemple aussi sur Riyad Mahrez ou Neymar, qui sont très techniques.

Le crochet, c’est votre geste technique ?

Ce que j’aime faire, c’est éliminer. Après quand je suis en un contre un, je n’hésite pas à utiliser le crochet c’est vrai.

En 2013, vous disiez dans une interview au Parisien : « Mon rêve, c’est de devenir footballeur professionnel« . C’est fait. Quel est le prochain rêve ?

J’ai un rêve qui ne bouge pas et qui ne bougera pas mais il est encore loin, donc je vais dire être titulaire dans une équipe qui joue la Ligue des champions déjà. Je n’ai encore rien prouvé, donc je ne peux pas dire que je suis capable de le faire, mais j’espère et j’en rêve.

Propos recueillis par Loïc Tanzi, pour Goal.com