[Exclu 100% LTDPSG] Chiguy Lucau (Promo 84) : « Mon image du PSG c’est George Weah ! »

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Pour ses retrouvailles avec le Parc des Princes, seize ans après son unique titularisation sous le maillot du PSG, Chiguy Lucau s’est mis sur son 31. Ou sur son 32 plutôt, comme le numéro qui flottait fièrement dans son dos ce soir-là et qui depuis a été celui de David Beckham et Dani Alves, entre autres.

Le costume est ajusté, la pochette négligemment fourrée dans sa poche et les chaussures brillent juste ce qu’il faut. Sa compagne, légèrement en retrait, se charge des derniers détails avant que Chiguy passe derrière la caméra. Rencontre.

Qu’est-ce que cela te fait de revenir au Parc ?

« Cela fait toujours un pincement au coeur, c’est un peu comme ma maison. »

Peux-tu nous raconter ton enfance ?

« Je suis né à Kinhasa (Capitale de la République Démocratique du Congo) mais je n’ai pas tellement de souvenirs du pays. Je suis arrivé à sept ans en France et plus précisément dans le 18e arrondissement de Paris. J’y ai notamment découvert le foot dans un club à la Goutte d’Or (quartier
du 18e). Mais parents ne juraient que par les études mais ils préféraient me voir au sport plutôt que je traîne dehors et que je fasse des bêtises. On a ensuite déménagé à Levallois et dans la continuité des choses j’ai intégré le Levallois Sporting Club. Après cela, le PSG m’a repéré via l’équipe des Hauts-de-Seine. »

Tu supportais le club à l’époque ?

« J’ai toujours supporté l’équipe de Paris. Mon image du PSG c’est George Weah. Je me souviendrais toujours du match de Ligue des champions face au Bayern (le 23 novembre 1994, le PSG s’impose à Munich (1-0), en phase de groupes de la Ligue des champions), il fait un crochet et met une lucarne…J’étais à la maison devant la télévision. Depuis, comme tous les gamins je rêvais d’être professionnel. »

Quels souvenirs tu gardes de ton premier entraînement avec les professionnels ?

« Pour moi, c’était une récompense. A l’époque j’étais avec Samuel Piètre dans la chambre (au centre) et il était un peu en avance sur moi. Je voulais le rattraper. J’ai beaucoup travaillé et je me suis finalement retrouvé entouré de joueurs comme Gabriel Heinze, Frédéric Déhu, Jérôme Leroy et
Ronaldinho…Et malgré le fait que cela soit impressionnant, cela s’est très bien passé. Ils étaient bienveillants et m’avaient mis en confiance. »

Tu avais un modèle d’attaquant ?

« Nicolas Anelka. Il venait du centre, il avait réussi, il allait très vite. C’était un très bon joueur, donc le rêve c’était Nicolas Anelka. »

Lors de la saison 2002-2003, tu flambes avec la CFA (20 buts) alors que tu es surclassé, et tu joues même trois matches en équipe première en fin de saison dont un dans la peau d’un titulaire…

« Cette année-là en CFA, j’avais l’impression que tous ce que je faisais marchait. Et j’aimerais insister sur le fait que si j’ai réussi cette saison c’est que j’avais commencé la préparation 2 ou 3 semaines plus tôt que les autres. »

Le 20 mai 2003 tu es titulaire dans l’équipe que tu suis depuis tes 10 ans et qui plus est au Parc, qu’est-ce qui te passe par la tête à cet instant ?

« J’y étais en tant que ramasseur de balle (rires) ! Forcément, c’est un plaisir et une énorme fierté. Je ne peux pas dire que c’est un accomplissement car le but c’est de durer mais un bout du chemin était déjà fait. »

La saison qui suit, le club te propose un contrat professionnel mais tu refuses…Pourquoi cette décision ?

« C’est une erreur de jeunesse… J’étais mal conseillé, aussi. Ce contrat j’aurais du le prendre et essayer de progresser et d’avancer. Il y a un âge pour tout. Un âge pour jouer, un pour construire sa carrière… A ce moment-là, on a un peu tout mélangé. »

Du coup tu ne joues plus en équipe première.

« C’était soit le contrat, soit la réserve. Donc comme j’avais dit non, c’était la réserve. Mais je n’en veux pas à Vahid (Halilhodzic). C’est quelqu’un d’honnête et de droit. J’aurais préféré connaître des coachs comme ça tout au long de ma carrière. »

Tu vas ensuite signer au Mans, puis à Sedan, Châteauroux, Colmar, Créteil et Tarbes…Et après notamment 73 rencontres de Ligue 2 et 30 de Ligue 1, tu t’engages en 2014 avec le club de Bangkok (Thaïlande), le Police United…

« C’est une opportunité qui se présentait à moi. Cela se passait très bien, mais au bout d’une dizaine de matches je me fait les croisés. Encore une blessure. Je décide alors de rentrer en France car mon corps avait trop morflé et je voulais retrouver ma famille. »

Tu mets un terme à ta carrière de footballeur à ce moment là ?

« Après m’être soigné, j’ai essayé de rejouer un peu mais la passion n’était plus là. J’habitais à Drancy et j’ai décidé de passer mes diplômes d’entraîneur. Aujourd’hui je suis éducateur dans un petit club du 16e arrondissement de Paris où je m’occupe des attaquants. J’ai aussi travaillé à la PSG Academy. Actuellement, je me prépare aussi pour passer le BPJPES (Brevet professionnel de la jeunesse, de l’éducation populaire et du sport) en préparation physique. Je veux être capable de comprendre le joueur dans tous les sens du terme. J’ai été énormément blessé durant ma carrière, du coup j’ai envie de connaître l’impact de la préparation afin d’optimiser les capacités des athlètes. »

Ton objectif à terme c’est d’intégrer le staff d’une équipe ?

« C’est exactement ça. Là je me prépare pour plus tard trouver un club. On rêve tous du PSG mais pour l’instant j’apprends, on verra la suite. »

Tu es de la même promo (84) que Sullivan Jous qui fut notre premier invité, un mot sur lui ?

« Mon souvenir de Sullivan, c’est surtout celui d’un bosseur et de quelqu’un qui était toujours là pour les autres. »

Un conseil pour les Titis actuellement au centre ?

« Bosser. Faire abstraction de tout ce qui se passe autour et travailler, travailler… Il n’y a pas de raison que ça ne paye pas. Ne pas se soucier de l’aspect financier. Ils sont au début de leur carrière, il faut la construire. L’aspect financier, ils verront plus tard. »