[Exclu 100% LTDPSG] Marcos Martins (Promo 85) : « Neymar veut partir, mais s’il reste il va tout donner pour ce club ! »

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Le sourire de Marcos Martins (promo 85) est comme le maillot des Corinthians qu’il arbore fièrement : impossible à lui retirer. L’homme est semblable au football qu’il aime, léger. Sa présence est pleine de vitalité et son accent déteint avec la mine grisâtre des Parisiens partis « souffler » en ce mois d’août.

Et, heureux hasard, c’est sous un soleil brésilien qui chatouille progressivement les pieds du Parc, que celui qui « connaît personnellement Neymar » se livre pour LTDPSG sur son année passée au PSG, les différences culturelles entre son pays natal et celui qu’il habite depuis presque 20 ans et bien sûr, le feuilleton qui agite la capitale francilienne depuis le début de l’été : Neymar.

Tu quittes le Brésil à 16 ans pour la France, tu peux nous raconter ?

« Début 2000, en février, je reçois une proposition d’Auxerre. C’était un recruteur qui m’avait vu jouer au Brésil (à l’époque il évolue à Palmeiras, ndlr). La proposition est arrivée le vendredi et le dimanche j’étais à Auxerre. J’ai joué deux ou trois mois là-bas, mais juste avant de signer mon contrat j’ai disputé une compétition internationale à Créteil et c’est là que j’ai été repéré par le Paris-Saint-Germain. La ville lumière… le PSG, un club que l’on connaît tous au Brésil, et la capitale… je n’ai pas pu dire non. »

Tes parents t’ont suivi ?

« Non, c’est mon agent qui m’a accompagné. Il est resté une semaine avant de repartir au Portugal. Et c’est là que les difficultés ont commencé. »

Pourquoi ?

« Au Brésil, chez les jeunes c’est beaucoup plus festif qu’ici. Ce que j’aimais dans le foot, c’est de m’amuser sur le terrain, de rigoler avec mes coéquipiers, d’être léger. Ici, j’ai tout de suite été en difficulté à ce niveau-là. C’était trop sérieux. Le vestiaire ne rigolait pas trop. En plus, je ne parlais pas (la langue, ndlr), donc c’était assez difficile pour moi. Et puis je suis arrivé en hiver… Je n’avais pas l’habitude des -3 degrés. Mais ce qui m’a le plus manqué, c’est la chaleur du vestiaire et la sensation que tu es sur le terrain pour t’amuser et pas (uniquement) pour gagner une compétition. »

Tu en gardes un mauvais souvenir ?

« Je ne garde pas les mauvais souvenirs, c’est de l’apprentissage. J’ai rencontré beaucoup de difficultés sur l’adaptation. Mais j’ai découvert de bonnes personnes, un championnat où j’ai mis des buts. J’ai d’ailleurs gardé plusieurs contacts. L’expérience au PSG m’a marqué. Aujourd’hui beaucoup de gens me connaissent parce que j’y ai joué. Les gens font toujours le lien. Je pense aussi que j’aurais pu faire différemment si j’avais la maturité que j’ai aujourd’hui. Je me serais investi un peu plus. J’aurais affronter les difficultés avec plus d’ardeur. »

Tu quittes finalement Paris à l’issue de la saison…

« Je n’avais pas de passeport européen (et prenait donc une place d’extra-communautaire, limitées à 4 par club, ndlr). J’ai du rentrer au Brésil et une fois là-bas, j’ai un peu perdu la volonté de reprendre. Je n’ai plus jamais repris le foot sérieusement. »

Tu le disais tout à l’heure, le PSG attire les Brésiliens. Pourquoi ?

« Ce lien a toujours existé. C’est une ville que l’on aime, on est très attirés par Paris. C’est aussi un grand club, avec un grand stade et des supporters avec de la ferveur, ça attire du monde. Et puis, je pense que cela a bien marché avec les premiers personnages comme Paulo César à l’OM ou Valdo au PSG. Ensuite, avec Rai la ferveur a été totale et c’est devenu un chemin naturel pour certains Brésiliens de débarquer à Paris. »

Le dernier a avoir emprunté ce chemin est un certain Neymar… Que penses-tu de la situation actuelle à son sujet ?

« C’est très compliqué. D’un côté on a un athlète professionnel et de l’autre des supporters. On ne sait pas ce qui se passe dans le vestiaire mais les supporters ont tendance à juger sans avoir les connaissances des faits. Neymar n’est pas tout blanc certes. Il fait des conneries comme on en fait tous. Je pense que l’épisode qui a concrétisé cette séparation c’est la célèbre dispute avec Cavani. C’est un match où il marque 4 buts et donne 2 passes décisives et il sort hué. Je pense qu’il n’y a aucun endroit au monde où les supporters auraient fait ça. Après cela, il s’est senti un peu abandonné. La rupture a commencé là. Neymar je le connais personnellement, c’est un garçon très sympa, il a besoin d’amour et de se sentir aimer. C’est un bon garçon donc ça serait dommage de le laisser partir pour une dispute pareille. »

Le regard a-t-il changé sur son cas au Brésil depuis la Coupe du monde ?

« J’ai critiqué les Parisiens, je vais aussi le faire avec les Brésiliens. Le Brésilien a l’habitude de maltraiter ses idoles. Si l’on prend l’historique, le brésilien critique Pelé, Romario, Ronaldinho… Parce que maintenant tout le monde est beau, tout le monde est joli. (…) Lors de la Coupe du monde, il a été très très critiqué mais personne n’a noté qu’il a repris 15 jours avant le début de la compétition et qu’il revenait d’une blessure de 4 mois… Tu ajoutes cela au fait que tout le pays attend une victoire du Brésil… Au Brésil, le foot c’est une religion. Ce n’est pas évident, il n’avait que 25 ans à l’époque et c’est un gamin qui depuis qu’il a 12 ans est très connu au Brésil. Il ne peut pas aller à la boulangerie s’acheter une sucette. C’est compliqué mais les gens ne voit qu’un coté des choses. Il a fait ses roulades que l’on a tous vu mais il a pris des coups magnifiques aussi ! »

Peut-il rester à Paris ?

« S’il n’y a pas d’autres solutions… Son souhait aujourd’hui, c’est de partir. Manque d’amour, de reconnaissance… Si on prend les faits, il a disputé 58 matches pour 50 buts et 30 passes décisives (51 buts et 27 passes, ndlr). On peut regarder les statistiques de Cavani et Ibra, ils sont loin derrière au même nombre de matches disputés. Pourtant ce sont de grands joueurs également. Par contre, je pense que s’il reste il va tout donner. Il va fermer son visage et jouer avec la rage et tout donner pour ce club. Et je sais qu’à partir de là les supporters vont changer d’avis aussi. Mais ça va être compliqué… »