[Exclu-Anciens] Gaël N’Lundulu (PSG/N3) : « Revenir au PSG, c’est tout sauf une honte ! »

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Direction le Camp des Loges pour prendre des nouvelles du néo-Titi du PSG Gaël N’Lundulu (28 ans) qui évolue au PSG en National 3, depuis janvier dernier.

L’attaquant né à Villiers-le-Bel (95) revient en exclusivité pour LTDPSG sur les raisons de son départ en Angleterre alors que le PSG lui proposait de signer un contrat professionnel à l’âge de 16 ans, mais également sur la décennie écoulée où il a évolué à travers l’Europe avec son lot d’anecdotes…

Retour au PSG en N3

« Etant libre de tout contrat l’été dernier, après ma dernière expérience en Grèce à l’Apollon Paralimniou, j’étais désireux de revenir jouer en France. Depuis mon départ du PSG en 2008, je n’étais jamais revenu. Des soucis personnels et la situation sanitaire m’ont poussé à chercher un club en Ile-de-France. Je me suis alors tourné vers Pierre Reynaud qui m’avait recruté pour jouer au PSG, à l’époque où j’évoluais à Villiers-le-Bel. Nous avons discuté de tout et de rien, jusqu’à aborder ma situation personnelle. C’est ainsi qu’il m’a conseillé de proposer mes services à l’équipe « réserve » du PSG. Je n’étais pas au courant que la réserve du PSG avait été supprimée. Mais qu’importe, même avec les amateurs, j’étais prêt à venir revêtir ce maillot ! L’équipe est bien encadrée, les infrastructures sont toujours d’aussi bonne qualité. Et puis le PSG, c’est le PSG ! Je me suis très vite bien entendu avec le coach Carlos (De Vasconcelos). Je voulais continuer à jouer au football, surtout ne pas connaître une saison blanche. »

Départ du PSG en 2008

« Le PSG m’avait proposé un contrat pro de deux ans. Dans ma tête, soit je signais au PSG, soit je partais à l’étranger. J’ai opté pour le projet de Portsmouth, car leur proposition était difficilement refusable. Ma famille vivait à Villiers-le-Bel, dans une période où il y avait beaucoup d’émeutes… C’était dangereux ! Nous avons tous déménagé en Angleterre. Je pensais atterrir dans un club stable, malheureusement il a fait faillite deux ans après mon arrivée. J’ai été mal conseillé, c’est ainsi. Ma soeur y vit toujours, elle y a fondé sa famille avec deux beaux enfants. Mon petit frère Dan est quant à lui devenu joueur professionnel à Southampton, après être passé chez les jeunes de Portsmouth et de Chelsea. Il a disputé 9 matches cette saison en Premier League. Il avait effectué quelques entraînements au PSG, mais n’y a jamais joué en jeunes. Il était écrit que mon petit frère y jouerait au plus haut niveau, rien que pour cela je ne regrette pas d’avoir embarqué ma famille dans ce choix de vie il y a maintenant presque 13 ans. »

Europe de l’Est

« Je me suis retrouvé sans club pendant plusieurs mois, après la rétrogradation de Portsmouth. J’ai signé à Lausanne en Suisse, où j’ai participé à la montée en D1. J’ai ensuite rebondi en Bulgarie au Chernomorets Bourgas, puis au Lokomotiv Sofia. J’y ai réalisé deux belles saisons. A l’été 2014, j’ai rejoint le club grec de l’Aris Salonique. Malheureusement, l’équipe est descendue en D2 à cause de gros problèmes financiers. La suite fut une succession de clubs grecs de niveaux inférieurs : l’Apollon 1926, l’Apollon Pontou, l’AO Trikala, un intermède à l’Onisilos Sotira à Chypre, et enfin l’Apollon Paralimniou. Dieu merci, j’ai toujours pu vivre de ma passion. Certes, j’aspirais à mieux mais je n’ai jamais abandonné l’idée de rejouer au très haut niveau. Je pense pourvoir encore jouer 4 ou 5 ans. Pourquoi pas repartir à l’étranger si nécessaire. Avec l’association PSG, j’ai disputé deux rencontres en N3. Malheureusement, le confinement est venu stopper mon élan ! »

Anecdotes

« En Grèce, j’ai vu un prêtre bénir le terrain ! Avant d’entrer en jeu, on m’a dit de faire en sorte de ne pas marquer, afin de favoriser certains paris clandestins je présume… Je ne cautionnais pas du tout cela, c’est d’ailleurs pourquoi j’ai quitté certains clubs. Aujourd’hui, c’est tellement contrôlé que ça ne doit plus arriver qu’une fois sur dix. En Angleterre, on faisait parfois des séances où l’on devait tacler des plots ! Chaque pays possède sa propre culture, ça se respecte. C’est parfois surprenant, mais c’est surtout très enrichissant. Le foot permet de voyager, d’apprendre des langues, de grandir plus vite. »

Etat d’esprit

« Revenir au PSG, c’est tout sauf une honte. Que cela soit à l’Association du PSG, ça reste le PSG quand même ! C’est un vrai plaisir, je suis content. Quand j’ai renfilé la tenue le mois dernier, ce fut une grande émotion. C’est ici que tout a commencé, là où ma vie a véritablement changé. En toute modestie, c’est vrai que j’étais perçu comme un grand espoir du club. Je suis conscient que mon potentiel aurait du me permettre d’aller plus haut. Je me suis posé des tas de questions ces dernières années, à propos de mes qualités, de mes choix… Mais au final, je vis mon rêve à travers ce que vit mon petit frère, ce qui me rend d’autant plus fier ! Je me dit que j’ai quand même fait quelque chose de bien à ce niveau.« 

PSG version Qatarie

« Ce n’est plus le PSG que j’ai connu ! C’est une autre dimension ! Partout où j’ai joué, le club est reconnu. Encore plus depuis que Neymar et Mbappé y jouent ensemble. L’OM a été rayé de la carte ! Les infrastructures sont plus ou moins les mêmes que nous avions à la fin des années 2000, mais il y a quelque chose qui se dégage au camp des Loges qui permet de sentir que le club est dans le gotha européen. »

Jeunes des années 2020

« Les mentalités des jeunes ont totalement changé avec les nôtres de l’époque ! La principale cause, ce sont les réseaux sociaux. On avait pas twitter, ni facebook, ni instagram… Beaucoup de jeunes joueurs ont du talent, mais perdre trop leur temps sur internet. On a l’impression qu’ils ne vivent que pour ça. Ils veulent être vus avant même d’avoir prouvé quoique ce soit. Et puis, il y a tellement d’argent dans le football, que certains deviennent très vite arrogants. Je n’en fais surtout pas une généralité, mais ils sont de plus en plus impatients. Il y a plus de 10 ans, on jouait en pro à 19 ou 20 ans, sauf Mamadou Sakho qui était une exception. Dorénavant, ils intègrent le groupe pro à 16 ou 17 ans ! S’ils ne sont pas bien entourés, plus dure sera la chute… »

Clés de la réussite

« Les jeunes qui jouent au PSG, doivent être convaincus qu’ils ont une grande chance. Ce club est une vitrine exceptionnelle ! Les meilleurs éducateurs y travaillent, gage à eux d’écouter leurs conseils tout en travaillant très dur. Si l’opportunité de signer à l’étranger se présente, il ne faut pas avoir peur de tenter sa chance. J’ai vécu des tas de choses inoubliables. Maintenant, il y a des grands clubs partout, les plus petites nations se sont davantage structurées par rapport à ce que j’ai pu connaître. Il ne faut pas jouer au football que pour l’argent, mais plutôt jouer pour être performant et ainsi en gagner si mérité. A l’époque, très peu de jeunes du PSG signaient pro. Maintenant, c’est devenu monnaie courante ! A eux de ne pas prendre la grosse tête, sous prétexte que leur train de vie et celui de leur famille changent. Ca peut être vécu comme une sorte de soulagement, une vraie fierté, mais surtout pas un aboutissement car cela ne reste qu’une simple étape pour espérer aller encore plus haut par la suite. »

Anciens coéquipiers

« Je suis resté en contact avec Alassane També (promo 92). Il n’a pas eu la carrière qu’il aurait mérité… Nous étions tous unanimes : il devait être le successeur de Mamadou Sakho ! Il était costaud, poylvalent, vif, rapide, un vrai défenseur moderne. A ce propos, un autre joueur m’impressionnait également, c’était Reyza Soudant (promo 91). Une technique hors norme ! Ce sont les deux joueurs qui auraient sincèrement mérité un meilleur sort. Sinon, j’ai repris depuis peu contact avec Neeskens Kebano (promo 92), via mon petit frère qui a affronté Fulham cette saison. Ils ont fait connaissance, et j’ai pu retrouver mon pote plus de 10 ans après ! Et puis j’ai pour coéquipier Cédric N’koum (promo 89) en N3 au PSG. »

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Souvenirs au PSG

« Il y en a tellement de bons ! Je me souviens de mes deux premiers tournois internationaux, car l’un m’a permis d’intégrer le centre de préformation et le suivant j’ai confirmé les espoirs placés en moi en terminant meilleur buteur. Je n’oublierais jamais tous les moments vécus au centre de formation, car nous étions une vraie bande de potes. Il s’agit de mes meilleures années ! J’ai également connu l’équipe de France grâce au PSG. Et puis, je garde en tête tous nos matches disputés sur le terrain honneur du camp des Loges avec les U16 Nationaux. C’était comme une sorte de rêve pour nous les Titis ! »

LTDPSG

« J’étais au PSG lorsque le tout premier site fut créé (ndlr : en juillet 2006). C’est incroyable de voir cette longévité ! Nous prenions tous énormément de plaisir à suivre l’actualité du centre de formation. C’était le seul média qui nous suivait au quotidien ! Nous avions une affection toute particulière, surtout que nous avons tous réalisé nos toutes premières interviews avec Nyto. On avait la sensation d’être mis dans la lumière, de pouvoir nous exprimer en toute confiance. J’ai encore en tête certaines interviews filmées ! Les réseaux sociaux n’existaient pas encore vraiment à la fin des années 2000. Franchement, toutes mes félicitations pour le travail effectué, car c’est un support pédagogique très important pour les jeunes du club. Même lorsque j’étais à l’étranger, je pouvais voir des articles à mon sujet. Je ne me suis jamais senti oublié, merci LTDPSG. »