[Exclu-Anciens] Lionel Mpasi (Rodez AF/L2) : « Areola et Maignan avaient une force de caractère hors du commun »

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Direction l’Aveyron pour prendre des nouvelles de l’ex-Titi Lionel Mpasi (26 ans) qui évolue à Rodez (L2) depuis juillet 2016.

Le gardien de but revient en exclusivité pour LTDPSG sur ses années passées sous le maillot du PSG (2009/2012), mais également sur les très bons résultats actuels de son équipe dont il est devenu titulaire !

Porte-bonheur du RAF

« Ca va bien, je suis content car j’ai du temps de jeu. C’est cool, c’est ce que souhaite tout joueur de football ! L’équipe était dans une spirale négative, avec aucune victoire pendant 14 matches consécutifs…Juste avant le match face au Havre AC (22/12/20), le coach nous a confié vouloir changer plusieurs choses dans la composition d’équipe, notamment au poste de gardien de but. Il a voulu créer un électrochoc en ramenant de nouvelles ondes. Depuis ce match face au Havre (1-1), nous restons sur une série de 5 matches sans la moindre défaite. J’espère que ça va durer le plus longtemps possible. »

Concurrence

« Théo (Guivarch) est un super gars, un bon coéquipier. Rien n’a changé entre nous, on communique toujours autant. Il me parle beaucoup, me conseille aussi. Il n’y a pas de différence depuis que je suis titulaire et lui remplaçant. Au départ, il a forcément été un peu déçu mais ça s’est très vite estompé. »

Progression

« J’analyse beaucoup mieux les situations, je suis beaucoup plus calme ainsi j’anticipe plus efficacement. J’ai forcément gagné en confiance car j’ai du temps de jeu. J’ai beaucoup moins d’absence, je suis mieux concentré. »

Ambitions du RAF

« Notre objectif est de terminer à la 14e place. Si on peut aller au-dessus, on ne se privera pas ! Le début de saison fut très compliqué, car notre effectif a été fortement renouvelé. Il a fallu du temps pour que les recrues s’adaptent. En plus, il y a eu le covid-19. D’habitude on fait beaucoup d’activités en dehors du terrain pour souder le groupe, là ça ne fut pas possible. Mais depuis quelques semaines, il y a eu une réelle prise de conscience. Le groupe s’est métamorphosé. Lors de plusieurs matches, on a su revenir au score pour finalement l’emporter ou arracher le match nul. On reste sur une série d’invincibilité (ndlr : série de 8 matches en cours, ttc) qui prouve notre regain de forme, après 14 matches sans le moindre succès… »

Rôle de gardien N°2

« Il m’a été plus facile d’être gardien N°2 lorsque nous remportions beaucoup de victoires. En N2, Pierre Laborde (ndlr : aujourd’hui à Bergerac) fut irréprochable, je ne pouvais rien dire. Le coach m’a informé vouloir recruter un gardien pour évoluer en N1. J’ai accepté mon statut de remplaçant. Enzo Basilio (ndlr : aujourd’hui à Guingamp) est arrivé. Au moment, où j’aurais pu m’installer je me suis blessé au doigt lors de l’échauffement du seul match où je devais être titulaire ! La saison suivante, le club a recruté Arthur Desmas (ndlr : aujourd’hui à Clermont) qui a réalisé une exceptionnelle saison. Nous sommes montés en L2. Tous mes amis me demandaient quand est-ce que j’aurais ma chance ? Je savais qu’un jour je la saisirais, mais là ce n’était pas le moment de m’apitoyer sur mon sort. Nous avions un super groupe, très collectif, je n’avais pas le temps d’être malheureux. Je me disais que beaucoup de jeunes de mon âge aimeraient être à ma place. J’ai pris mon mal en patience et j’ai bossé dur. L’an dernier, j’ai joué mon premier match en L2 contre Le Mans (1-1). Un superbe souvenir ! J’avais une telle appréhension avant le coup d’envoi… Et puis j’ai pris du plaisir pendant l’échauffement et encore plus pendant le match. Par la suite, j’ai rongé mon frein sur le banc de touche lorsque nos résultats étaient moins bons. J’ai finalement saisi ma chance cette saison. Je suis pour l’heure toujours invaincu en compétition officielle chez les professionnels ! »

Différences entre le CFA et la L2

« C’est totalement différent ! En CFA, c’est beaucoup de combats, de duels…On est plus sollicité. En L2, c’est plus technique. A Rodez, on défend pas mal, mais on a toujours l’impression d’avoir des espaces pour bien relancer. Par contre, on peut être mis en danger à tout moment dans les 30 derniers mètres. Ca peut aller super vite en phase de finition. Les mecs sont beaucoup plus précis. Passer du CFA à la L2, c’est comme passer de Torcy au PSG ! (rires) C’est cette rapidité, cette vitesse d’exécution qui m’a marqué plus jeune que j’ai de nouveau retrouvé en pro. »

Parcours semé d’embûches

« J’ai connu le chômage pendant un an après mon passage au Toulouse FC. J’ai signé en tant que gardien N°2 à Rodez qui était en N2. J’ai foncé car je n’avais aucune autre opportunité. J’ai vécu une première année compliquée, car je m’étais fait une fracture du tibia. En plus, on m’avait un peu déconseillé d’aller à Rodez, soi-disant que la ville était un peu morte. Finalement, tout s’est bien passé, le club m’a fait confiance et le groupe a décroché la montée en N1. Le groupe m’a soutenu le temps de ma convalescence. »

Arrivée des Qataris

« J’ai effectivement assisté au tout début du PSG version Qatarie. Ca s’est d’abord traduit par le nouveau matériel, notamment les GPS et la bulle gonflable pour les entraînements en hiver. Bien évidemment, il y a eu la venue massive de joueurs de renom, tels que Lugano, Pastore, Sissoko, Sirigu, Ménez…Avec Mickaël (Salamone), on n’arrêtait pas de dire « Salvatoreeee » au centre, tellement il nous impressionnait. Et puis Adrien Rabiot a intégré le groupe professionnel sous la coupe de Carlo Ancelotti et y restait. Malgré cela, on se disait que ça devenait du n’importe quoi ! Le club entrait dans une autre sphère… Voir des joueurs comme Jimmy Kamghain et Abdallah Yaisien signer un contrat pro très jeunes n’a pas été bénéfique pour eux, ça les a même tués ! Ils n’avaient jamais la possibilité d’aller s’entraîner avec les pros, à quoi bon ? On se disait tous que c’était fini pour nous. »

Concurrence au centre de Formation

« Au centre, il y a une certaine pression, il faut bien l’avouer ! Ce n’était pas tous les jours évident à vivre…Les coachs étaient durs avec nous, on se sentait tout le temps épiés. Par exemple, j’avais plus de mal à être bon en club lorsqu’on jouait sur les synthétiques, plutôt qu’au Mondial U17 devant 40 000 spectateurs ! Je savais que je n’avais pas le droit à l’erreur. Je me sentais systématiquement jugé, observé. Le pire, c’était les oppositions internes ! Même au Toulouse FC, j’ai ressenti la même chose. Moins il y a de gens, plus c’est compliqué en fait. Alphonse (Areola) était largement au-dessus, il était en avance sur nous tous. Ce qu’Alphonse faisait à 16 ans, j’arrive à le faire maintenant à 26 ans ! (rires) Mike (Maignan) avait aussi un énorme potentiel. C’est lui qui a disputé la finale contre l’OM lors des playoffs U16 en 2011. Finalement, c’est moi qui fut pris au Mondial U17 avec l’équipe de France, ce qui n’a pas remis en cause notre bonne entente, même si parfois il y a eu des moments un peu électriques. C’est normal, avec la pression, l’école, la fatigue, le fait d’être enfermé… Aujourd’hui on a grandi, on a pris du recul, on s’entend tous très bien. »

Départ du PSG en 2012

« Il y a déjà presque 9 ans ! J’y pense souvent…On est tous restés en contact avec mes potes de la promo 94. On a un groupe commun sur Snap. Même avec Alphonse (Areola) et Mike (Maignan), on échange régulièrement. Je ne pourrais jamais oublier mes années PSG. Même si le club a beaucoup changé, je suis fier d’y avoir appartenu. Il est dans une autre planète ! Ils ont supprimé l’équipe réserve. J’aurais aimé être à la place des U19 actuels pour vivre leur expérience dans ce PSG là. A l’époque nous avions une génération exceptionnelle, mais la chance n’était clairement pas donnée aux jeunes du centre de Formation. Ca aurait été très intéressant de voir ce qu’ils auraient fait avec nous tous en 2021, si nous étions en U19 ? »

Jeunes gardiens pros au PSG

« Il est possible d’être formé au PSG et d’y jouer en pro, Alphonse (Areola) l’a prouvé. Il a toujours été très fort mentalement. Mike (Maignan), idem ! Il avait une force de caractère lors de nos années au centre de Formation qui était au-dessus de la moyenne. Il était capable de dire ce qu’il pensait vraiment aux coachs. Il avait peur de rien. C’est ça qui les caractérisait, cette force mentale pour faire face à toute épreuve. Rien d’étonnant de les voir aujourd’hui au plus haut niveau, notamment avec l’équipe de France. »

Prochaines échéances

« On va tout faire pour entretenir notre bonne dynamique ce samedi face au FC Sochaux, en restant invaincus. Ensuite on se déplacera à Brest pour les 32es de finale de la Coupe de France. En principe je serai remplaçant, car Théo a été décisif lors de la qualification aux tirs au but face à Pau. En face, Sébastien Cibois que j’ai connu plus jeune au PSG fera sûrement ses grands débuts en pro. Il a changé physiquement, ça m’avait choqué de le voir avec Buffon ! C’est ce genre de choses qui nous font réaliser que le temps passe vite…Alors profitons de l’instant présent et pour moi tout va bien en ce moment ! »

Covid-19

« Il y a un an, nous en avions déjà parlé ensemble lors de notre entretien. Les choses étaient différentes puisque nous ne pouvions pas nous entraîner ! Dorénavant, on fait plus attention car on ne veut pas être contaminé. On a tous pris conscience d’avoir de la chance de pouvoir malgré tout exercer notre métier et d’être rémunéré sans problème. J’ai cette chance de pouvoir me battre chaque jour au niveau professionnel, ce qui n’est pas le cas de bon nombre de potes. Je mesure chaque jour cette chance ! »