[Exclu-Anciens] Philippe Nsiah (CSA Steaua Bucarest/D3-Rou) : « Au PSG, j’avais l’impression de défendre les couleurs du meilleur club du monde ! »

Publié le

Direction la Roumanie pour prendre des nouvelles de l’ex-Titi du PSG Philippe Nsiah (26 ans), qui vient de s’engager au sein du mythique CSA Steaua Bucarest (D3) qui tente de retrouver sa gloire d’antan après des relégations administratives…

L’attaquant qui a joué au sein de l’Association du PSG, des poussins aux U15 DH, revient en exclusivité pour LTDPSG sur sa découverte du haut niveau, qui plus est à l’étranger, mais également sur son parcours qui ne fut pas des plus évidents pour atteindre son rêve de gosse…

Ronaldinho, Kimpembe, PSG-OM

« J’ai voulu jouer au PSG dès que j’ai vu Ronaldinho y jouer ! Lorsque j’étais petit, j’ai vu ses exploits avec le PSG dans l’émission Téléfoot. Il m’a fait aimer le foot et surtout le PSG. Lors d’un tournoi organisé par mon premier club à Franconville, le PSG m’y a repéré. J’ai fait des essais au camp des Loges, pour finalement y rester durant 8 années jusqu’en U15. J’ai eu la possibilité de m’entraîner avec la promotion des Titis nés en 95, comme Presnel Kimpembe et Ferland Mendy, sous la coupe de Cédric Cattenoy. Malheureusement, on ne m’a pas donné la possibilité d’intégrer le centre de préformation. Je n’ai pas pour autant perdu espoir. A partir du moment, où j’ai commencé à émettre le souhait de partir, le staff a plus ou moins tenté de me retenir, mais dans mon esprit j’étais déjà parti. J’ai donc rejoint le Racing CF où j’ai joué en U17 Nationaux avec notamment Romain Habran avant qu’il ne retourne au PSG, puis au SCO Angers en U19 Nationaux, avec des joueurs comme Sofiane Boufal et Ludovic Ajorque. Mes parents étaient contre mon départ du PSG, mais je voulais suivre mes idées même si ce fut très dur de quitter mon club de coeur. Il me sera impossible d’oublier l’ambiance qui régnait dans le vestiaire. Impossible d’oublier tous ces fabuleux tournois auxquels nous avons eu la chance participer. Paris, c’est Paris ! Ce maillot est si particulier pour tout jeune Parisien. Il faut l’avoir porté au moins une fois en club pour comprendre. On a l’impression de défendre les couleurs du meilleur club du monde ! Dès l’échauffement, on sent que les regards sont portés sur nous, peu importe le niveau auquel tu appartiens. Lorsqu’on affrontait l’OM, on avait la même pression que les pros ! On en avait des frissons, c’était beau à vivre. »

Echec au SCO Angers

« Pour être honnête, je n’y ai pas fait une bonne année. Je n’ai pas marqué, ça ne voulait pas rentrer… Et puis, je n’étais pas concentré à l’école. Le mélange des deux ne m’a pas permis d’être conservé. Une véritable leçon ! Le coach m’a appris cela dans le vestiaire, ce fut très dur à entendre. Ca m’a grandement touché, même si je ne fus pas si surpris que cela au final. Je m’étais trop reposé sur mes acquis, je n’avais pas suffisamment travaillé. Je n’avais pas conscience d’être à la portée du professionnalisme, simple question de maturité. »

Découverte du monde amateurs

« J’ai signé par la suite à l’USSA Vertou en U19. Je n’y suis resté que six mois, car j’étais blessé et puis j’ai arrêté l’école en parallèle. Je suis donc reparti sur Paris où j’ai opté pour passer mon BAC en alternance. J’ai également rejoué pour Franconville en DHR. Et puis très vite, j’ai senti que le monde du travail dit « normal » n’était pas fait pour moi. Mon amour pour le foot m’a poussé à saisir une opportunité qui s’est présentée à l’AS Châtaigneraie en DSR. On m’a proposé un contrat CAE (ndlr : contrat d’accompagnement dans l’emploi) avec des heures d’encadrement sportif pour les enfants. J’ai pu me rapprocher de ma copine qui habitait à Angers. La saison suivante, j’ai rejoint La Flèche qui évoluait en N3. »

Instagram, Essais bidons, Roumanie

« En jouant pour un club de N3, je savais que les matches seraient filmés. Je m’étais dit qu’en étant très bon au moins 5-6 matches et marquant au moins 3-4 buts, j’aurais la possibilité de réaliser un bon montage vidéo pour vendre mes mérites ! (rires) Je voulais à tout prix obtenir des essais. J’ai donc tapé des mots clés comme « Agent » sur Instagram et j’ai posté ma vidéo au hasard des rencontres virtuelles. Entre temps, j’ai obtenu un essai à Pétange au Luxembourg. Dès mon premier match, je marque un triplé en vingt minutes ! Sans raison, on m’informe que le staff ne donnera pas suite. J’avais la tête dans le guidon, mais je n’ai rien lâché. Un agent m’a proposé de réalisé un essai en Egypte. Même au Rwanda, j’y serais allé ! J’ai payé mon billet pour m’y rendre. L’essai devait durer une semaine dans un club de D1. Ma première journée fut excellente. Lors de la seconde, on me fait travailler la vivacité. Lors du troisième jour, on me dit à l’issue de l’entraînement que ça ne le fera pas…Deuxième déception. Finalement, ma vidéo est vue par un agent qui me proposa un essai en Roumanie. Au point où j’en étais… Je paye mon billet, mais cette fois-ci on me le rembourse, plutôt bon signe. Je réalise mon plus mauvais essai et pourtant le club de Pandurii (D2) me fait signer mon premier contrat professionnel d’une durée d’un an. Une joie immense, je vous laisse imaginer. »

Afficher l’image source

Salaires non versés, Vietnam

« Au final, je n’y suis resté que six mois, lors desquels je n’ai perçu que trois mois de salaires. J’avais un appartement en France à payer en parallèle, ce n’était plus possible. J’ai donc signé un contrat de 6 mois à l’ASC Daco-Getica (D2), pour terminer la saison. J’ai été très bon, j’ai tout cassé ! Ce qui m’a permis d’attirer les clubs de D1. J’ai signé à l’Academica Cinceni, où j’ai gagné ma place de titulaire assez rapidement. Notre qualité de jeu était pauvre, le club qui venait d’être promu avait voulu s’appuyer sur les joueurs qui avaient connu la D2. Dès que j’ai fait un mauvais match, on me l’a fait payer ! Un banc, un autre…Quelle frustration. Finalement, j’ai très peu goûter à l’Elite. En janvier 2020, j’avais besoin de connaître autre chose, j’ai accepté une proposition venant du Vietnam ! A la base, je n’étais pas très emballé pour y aller car je n’associais pas l’image de ce pays avec le football. Mais j’avais vraiment besoin de temps de jeu. Une fois sur place, j’ai été agréablement surpris par la qualité de vie exceptionnelle. On travaillait beaucoup avec 2h d’entraînement le matin puis 2h d’entraînement l’après-midi, mais en dehors de cela régnait la zen attitude ! Tout le monde était gentil et joyeux. J’ai joué dans deux clubs différents, durant trois mois pour chacun d’eux. J’étais blessé, je n’ai pu m’entraîner pendant deux mois lorsque le coronavirus a fait son apparition. Un mercato a été ouvert pendant quatre jours, mon directeur sportif m’a fait comprendre que le club préférait faire signer un joueur « valide » à ma place. Ils avaient peur que je rechute. Je ne pouvais rien dire… Ce fut une très grande déception, car je n’ai pas vraiment eu la possibilité de jouer. En plus, je n’avais connu que les stades à huis clos ! J’aurais tellement voulu jouer devant ce public qui est si fanatique. »

Mercato-Anciens] Philippe Nsiah signe au CSA Steaua Bucarest (D3/Rou) - Les  Titis du PSG

Chesneau, Steaua Bucarest, Niveau de jeu

« Là pour le coup, j’ai pensé arrêter le football… Et puis une nouvelle fois, l’amour pour le foot a repris le dessus ! Je suis un homme de challenge ! Je me suis toujours battu pour devenir footballeur professionnel, j’ai donc tout fait pour le rester. Je suis revenu en Roumanie où j’ai signé au Concordia Chiajna, où j’ai fait la connaissance de l’ex-Titi du PSG Thomas Chesneau. J’ai charbonné comme jamais, au point d’attirer des clubs ambitieux, à l’image du CSA Steaua Bucarest retombé dans l’anonymat après des déboires financiers. Ce club, c’est un peu comme-ci le PSG était retombé en D4 ! Chaque année, il tente de remonter. Là nous sommes leader en D3. J’ai des conditions de vie et salariales plus confortables qu’en D2. Je veux vraiment m’y inscrire dans la durée. Je participais à la reconquête de ce club. Les installations sont dignes des grands clubs européens. A 26 ans, j’espère enfin connaître de la stabilité. Le niveau est tout de même relevé, c’est dur physiquement. Certes, ce n’est pas la L1 française, mais les joueurs français qui évoluent ici ne marche pas sur les différents championnats. Les fans sont très nationalistes, ils suivent tous les joueurs roumains à travers le monde. Bien évidemment, ils suivent le PSG en Ligue des Champions. D’ailleurs, il n’est pas rare de voir des survêtements du PSG dans les rues de Bucarest ! »

Ses ambitions, Sa famille, Bucarest

« En 2021, je veux retrouver le plaisir de jouer au football. Je sors d’une année où je fus blessé à plusieurs reprises. Je veux rejouer un jour en D1, n’importe où dans le monde ! Idéalement, ça serait dans le Top 5 des championnats européens. Ca passe par beaucoup de travail et de la réussite avec mon nouveau club. Mes parents ont toujours compris que le football demandait des concessions. Même si nous sommes très proches les uns des autres, nous avons toujours été habitués à aller chercher les choses pour y arriver. Je ne vais pas le cacher la distance est parfois très compliquée à vivre, mais c’est ainsi. Beaucoup d’amis me demandaient ce que j’allais faire en Roumanie ? Que j’étais fou… Mais en France, on est très « français ». On est pas assez ouvert d’esprit. Bucarest, c’est le kiffe ! Il y a tout comme à Paris, c’est même plus tranquille, moins oppressant. Certes avec le coronavirus, il y a quelques restrictions, comme le couvre-feu à 23h, mais les restaurants et les bars sont ouverts. Et puis les français se font une fausse image du peuple roumain. Le peuple est accueillant. »

Son mot de la fin

« Tout d’abord, je fais part de tous mes remerciements à l’association des Titis du PSG. Qui ne connaît pas LTDPSG ? C’est un immense privilège d’être mis à l’honneur, tant d’années après mon passage au club. Continuez, votre travail est fantastique. Titi un jour, Titi pour toujours ! Je tiens à dédicacer cette interview à toute ma famille qui m’a tant soutenu, ainsi qu’à l’ensemble des coachs qui m’ont appris à jouer au football et à devenir un homme. J’ai une grande pensée pour mon petit garçon de deux ans. »