[Exclu-Anciens] Rabiot : « Signer pro à 17 ans, c’est quelque chose de très fort, c’est l’un des meilleurs moments de ma vie »

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LTDPSG devient partenaire du nouveau média BILLION KEYS. Pour son lancement, découvrez l’interview exclusive d’Adrien Rabiot, milieu de terrain international de la Juventus de Turin, passé par le centre de Formation du PSG. Il nous donne ses conseils et son ressenti sur la manière dont il a abordé le début de sa carrière jusqu’à sa signature en Italie. Extraits.

Est-il selon toi indispensable de fréquenter un centre de préformation pour se donner un maximum de chances de devenir footballeur professionnel ?

« Je ne pense pas que cela soit essentiel, ni déterminant. Par contre, il est important de rester avec sa famille. Il ne faut pas être livré à soi-même trop tôt. Si un jeune pratique le football à un bon niveau, il peut bien évidemment être tout aussi performant en intégrant un centre de formation à 15 ans. Partir à 12 ans de chez soi pour intégrer un centre de préformation n’est pas évident à vivre. Ça engendre un long cycle de formation sans réelles garanties. Beaucoup de jeunes ne tiennent pas dans le temps, car l’éloignement de leurs proches les pèsent de plus en plus. »

« Pour ma part, mon cursus a été organisé de la sorte. Heureusement, j’avais la possibilité de jouer en club chaque week-end et ainsi retrouver les miens. Plus ça va, plus les choses vont vite et se décident de plus en plus tôt. Ce n’est pas forcément mieux. Il faut laisser le temps aux jeunes de grandir et de mûrir. Le rythme et la pression peuvent faire des dégâts chez certains. A 12 ans, un jeune n’est pas forcément prêt à tout ça. Certains peuvent être très bons sur le terrain, mais ils ne passeront pas un cap à un moment donné car il y aura eu un trop plein de tout. Tout dépend du caractère et du degré de maturité chez le jeune concerné. »

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Tu as signé ton premier contrat professionnel le 02 juillet 2012. Te rappelles-tu de ce moment ?

« A cette époque, signer un contrat professionnel était une sorte d’aboutissement. J’ai effectué un long parcours avant de passer pro. On ne peut pas minimiser cet instant. C’est une étape très importante. Elle s’est déroulée dans des conditions particulières, car Carlo Ancelotti m’avait intégré dans le groupe professionnel quelques mois auparavant. J’étais le premier jeune du centre de formation sous l’ère Qatarie à qui on faisait confiance. Signer à 17 ans, c’est quelque chose de très fort, c’est l’un des meilleurs moments de ma vie. »

« Aujourd’hui, les clubs permettent aux jeunes de signer plus facilement un contrat professionnel, la plupart du temps pour éviter de les voir signer ailleurs. Il y a un peu moins de mérite. C’est dommage pour les jeunes, car ça ne les pousse pas à se surpasser. Il y a sûrement moins de joie à l’obtenir, car ils savent à l’avance qu’ils vont l’obtenir. Un premier contrat professionnel n’est plus un véritable gage de réussite dans le temps, puisque les jeunes signent parfois à 16 ans. Le chemin est encore long derrière. Certains signent également pour des raisons autres que purement sportives. Les clubs leur offrent de plus en plus jeunes des salaires conséquents étalés sur des contrats longues durée, juste pour voir, au cas où le jeune se révélerait par la suite, mais sans réel projet d’évolution… »

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Qu’éprouves-tu lorsque tu joues dans des stades vides ?

« C’est naze ! Ça a clairement un impact sur les matches, sur les compétitions. Quand il y a 40 000 ou 50 000 spectateurs, tu sais pourquoi tu es là. Là, on a l’impression de jouer des matches d’entraînement. La motivation n’est pas au même degré qu’habituellement, car ce n’est pas du tout la même adrénaline. Nous avons besoin de jouer devant nos supporters, nous sommes habitués à cela et en avons besoin. Le public peut aider une équipe à se surpasser dans les moments qui peuvent être compliqués. Quand une équipe est sous pression ou bien qu’elle est touchée mentalement, ses supporters peuvent lui permettre de redoubler d’efforts pour arracher un résultat positif. »

« Le tennisman français Benoît Paire peut parfois exagérer dans son attitude, mais je comprends totalement son manque de motivation par rapport à cette situation inédite. On ne fait pas du sport de haut niveau pour exercer notre discipline à huis clos. Il faut prendre notre mal en patience, en espérant un retour rapide des supporters dans les stades. »