[Exclu-Anciens] Rashad Muhammed (Sarpsborg 08 FF/D1-Nor) : « Je suis passé des U19 DH du PSG à l’échange de mon maillot avec Robinho ! »

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Direction le Sud de la Norvège pour prendre des nouvelles de l’ex-Titi du PSG Rashad Muhammed (27 ans) qui évolue au Sarpsborg 08 FF (D1), après avoir quitté le club Turc d’Erzurumspor (D1) en janvier dernier.

L’attaquant né à Saint-Germain-en-Laye (78) revient en exclusivité pour LTDPSG sur son adaptation à l’étranger, son statut de joueur professionnel mais également sur ses souvenirs de sa seule et unique saison vécue au PSG en U19 DH lors de la saison 2011/2012.

Son parcours chez les jeunes

« Je suis un Saint-Germanois de naissance, mais c’est au Houilles AC que j’ai tapé mes premiers ballons. J’ai ensuite joué à l’Entente SSG en U15 DH, puis pendant deux ans au CO Vincennes en U17 Nationaux. Lors de ma 2e saison, j’ai inscrit 14 buts en championnat. J’ai attiré plusieurs recruteurs de clubs de l’Est comme Amnéville, Troyes, Strasbourg, car nous étions dans leur groupe. Le LOSC s’est également un temps intéressé à moi, mais lorsque j’ai eu la possibilité d’aller réaliser un essai au PSG, je n’ai pas réfléchi à deux fois… »

Sa saison au PSG

« C’est là-bas que je voulais jouer à tout prix, même si ce n’était pas pour intégrer le centre de Formation. Après quelques entraînements effectués avec les U19 DH, le coach Jérôme Badie m’a retenu dans son groupe. C’était comme un rêve qui se réalisait pour moi, j’avais toujours souhaité porter les couleurs de mon club de coeur ! Revêtir le jogging Rouge et Bleu tous les week-ends, c’était fantastique ! Je me suis donné à fond toute l’année, en inscrivant 17 buts. J’espérais avoir ma chance en U19 Nationaux, mais je n’en ai pas eu la possibilité. Je n’ai aucun regret, ce ne fut que du bonheur. »

Ses meilleurs souvenirs

« Collectivement, c’est la participation à la Dallas Cup aux Etats-Unis. Les U19 Nationaux devaient initialement y participer, mais la même année fut organisée les NextGen Series (ndlr : compétition remplacée par la suite par la Youth League). Nous avons vécu une aventure inoubliable, c’était notre premier grand voyage tous ensemble en avion. Mory Diaw était notre gardien de but. Nous avions affronté Manchester Utd, Eintracht Francfot, la sélection du Mexique… On aurait jamais pensé vivre ça, nous les amateurs du PSG ! Individuellement, c’est le fait d’avoir réalisé une saison pleine en marquant 17 buts. »

Son après-PSG

« Le Vannes OC m’a convaincu de rejoindre son projet lors de la saison 2012/2013. On m’avait vendu l’idée d’intégrer le groupe National. Finalement, je me suis retrouvé en équipe réserve en DH toute l’année. J’étais déçu, car j’avais la sensation d’avoir gâché du temps. J’ai par la suite opté pour la Belgique. Un agent m’a fait miroiter que j’allais faire un essai au FC Malines, finalement j’ai signé en D5 au KFC Eppegem. La saison suivante, j’ai joué à Namur. Ces deux années en Belgique ont été compliquée à vivre. Je suis ensuite revenu à Paris, car j’étais blessé. J’avais un déplacement de la hanche due à une infection aux adducteurs. Heureusement, mon entourage proche m’a soutenu dans cette difficile épreuve. Et puis un soir de janvier 2016, un agent m’a téléphoné pour me proposer de signer en Norvège ! Je me suis dit que je n’avais rien à perdre ! J’ai foncé. J’ai rejoint le club du Flörö SK en D3. J’ai marqué 9 buts en 24 matches (ttc). On est monté en D2. J’ai inscrit 7 buts en 20 matches (ttc). Suffisant pour attirer le regard des clubs de l’élite. J’ai signé à Sarpsborg 08 FF où j’ai découvert l’Europa League ! J’étais enfin devenu un « vrai » joueur professionnel. »

Europa League

« J’ai disputé 14 matches en Europa League en 2018. On a vécu six mois de malade ! On a passé quatre tours avant de participer à la phase de groupe. Pourtant, le coach ne m’avait pas fait jouer pendant près d’un an ! A chaque fois, il me disait que je n’étais pas prêt. J’étais le meilleur buteur de l’équipe réserve pourtant… J’ai demandé à être prêté en D2 car un club me voulait, jusqu’au jour où l’un des deux attaquants titulaires s’est blessé. J’ai pris sa place. Dès mon premier match de championnat, j’ai fait une passe décisive et obtenu deux penaltys. On gagne 4-1, je ne suis plus sorti de l’équipe ! Mon prêt fut annulé ! (rires) Dès le second match, je me suis retrouvé à disputer la coupe d’Europe. J’ai marqué le premier but européen de toute l’histoire du club ! Je me suis retrouvé sur la lune ! (rires) Les journalistes ne me lâchaient plus… J’ai réalisé de belles prestations, notamment contre le Maccabi Tel Aviv, mais aussi contre Malmö où jouait l’ex-Titi Fouad Bachirou.J’avais tapé sur le poteau là-bas… Et puis, j’ai marqué contre le Besiktas du croate Vida, du hollandais Lens, du brésilien Vagner Love, après 47 secondes de jeu pour le dernier match de la phase de groupe. Une sacrée émotion ! J’ai repensé à toutes mes blessures, toutes mes galères… C’était une forme de soulagement. »

Erzurumspor

« Quand tu arrives en Turquie, c’est rock ‘n’ roll ! Les supporters sont des fanatiques ! C’est incomparable avec tout ce que j’ai pu connaître. Pour être sincère, ce n’était pas mon choix de signer au Erzurumspor, mais la proposition était difficilement refusable pour mon club qui pouvait réaliser une belle plus value sur ma revente. A titre personnel, il m’était également difficile de refuser ce contrat financièrement. J’avais reçu une offre de l’Union Berlin, la presse anglaise parlait de moi dans le viseur de Leeds Utd, et puis un agent scandinave m’a fait part de l’intérêt de Malmö, mais c’était trop tard je m’étais engagé avec le club turc. Sinon, j’aurais préféré signer en Suède ! Au Erzurumspor, j’avais pour partenaires Gabriel Obertan et Gilles Sunu. J’avais les yeux écarquillés ! C’était quelque chose de fort car je les regardais habituellement à la télévision… En plus, deux joueurs français ce qui a facilité mon intégration. J’ai pu apprendre beaucoup de choses à leurs côtés. Ils sont comme des frères dorénavant pour moi. C’était comme un conte de fée, j’ai parlé avec Demba Ba ou Arda Turan, j’ai échangé mon maillot avec Robinho ! C’était un rêve de gamin de pouvoir vivre ça ! « 

But face à Galatasaray

« Pour ma 3e titularisation, j’ai marqué un but contre Galatasaray. En face, il y avait Belhanda, Feghouli, Muslera, Mitroglou ! Une action de malade ! Le genre de buts où tu te dis que si tu le tentes dix fois, ça rentrera qu’une fois… Ce jour-là c’est rentré ! Le stade est plein à craquer, c’est assurément l’une de mes plus émotions de toute ma carrière. Le niveau footballistique en Turquie et en Norvège se valent, même s’ils sont différents. En Turquie, il y a davantage de joueurs reconnus, c’est plus technique. Par contre, j’ai remarqué qu’après soixante-dix minutes de jeu toutes les équipes ont tendance à libérer de nombreux espaces… En Norvège, c’est plus dur, plus physique et plus tactique. Ca n’a rien à voir, c’est beaucoup plus discipliné, ça joue plus en zone. »

Retour en Norvège

« Si j’ai quitté la Turquie, c’est purement et simplement parce que je n’étais plus payé depuis plus de six mois. A partir du moment où j’ai réclamé mon salaire à deux ou trois reprises, le staff m’a écarté du groupe. J’ai donc écrit à la FIFA pour signaler ma situation. Le directeur sportif de Sarpsborg m’avait toujours dit que la porte du club resterait ouverte si je voulais revenir jouer…Que là-bas c’était chez moi…Il m’a toujours soutenu lorsqu’il a appris que c’était compliqué pour moi…J’ai donc signé à Sarpsborg en janvier dernier avec de meilleures conditions. Je suis totalement épanoui. J’ai eu quelques opportunités en Turquie, mais je ne voulais plus me retrouver sans ressources. Mon ex-club est finalement condamné à me verser mon salaire jusqu’à la fin de mon contrat initial. »

Le peuple Norvégien

« Les gens sont très chaleureux. Lors de mon premier passage au club, on ne me reconnaissait pas forcément. Depuis que j’ai réussi de belles choses avec Sarpsborg et Ligue Europa et que j’ai ensuite joué en Turquie, les supporters me considèrent comme un taulier de l’équipe ! (rires) Ils sont très attentionnés avec moi et me font régulièrement part de tous leurs encouragements. Je suis super content, je m’y sens vraiment comme chez moi. »

La vie en Norvège

« Il y fait très froid ! (rires) Pourtant nous sommes au Sud du pays… Là il est 18h30 (ndlr : interview réalisée ce vendredi), le thermomètre indique -10 degrés, avec un ressenti de -16 degrés ! Heureusement, les clubs sont équipes de City stades couverts afin d’assurer de bons entraînements. Là, c’est la trève hivernale, on ne reprend le championnat que le 4 avril prochain. Mes journées ne tournent qu’autour du football. Je mange football, je bois football, je dors football ! (rires) Dès qu’un match passe à la télévision, il faut absolument que je me pose devant. Là je viens de terminer un livre sur la carrière de Thierry Henry. Je suis un vrai passionné, c’est le bon mot ! »

Covid-19

« A l’inverse de la France, les restaurants sont ouverts en Norvège. Il n’y a pas trop de cas recensés. Personne ne porte de masques. Le pays gère plutôt bien cette crise sanitaire. Il n’y a pas de couvre-feu non plus. Par contre, nous respectons les gestes sanitaires au club. Par exemple, nous venons en tenue de sport et repartons nous doucher à notre domicile. C’est contraignant, mais au moins nous avons la possibilité de nous entraîner ! »

Le PSG vu de Norvège

« Je ne lis pas trop les journaux locaux, par contre les matches du PSG sont diffusés à la télévision. Le dernier PSG-Nîmes a été retransmis ! Dorénavant, ils suivent le club au même titre que les plus grand d’Europe. Quant à moi, je porte des protège-tibias personnalisés aux couleurs du PSG. »

Première interview pour LTDPSG

« Honnêtement, je ne réalise pas trop… J’ai toujours été un fidèle du site, et là de me retrouver mis à l’honneur c’est un immense privilège ! Habituellement, je lis les interviews des jeunes devenus de grands joueurs, j’admire toutes les photos… De voir dorénavant mon nom associé à LTDPSG, ça me fait extrêmement plaisir ! C’est comme une sorte de Graal pour tous les jeunes du club, qu’ils soient amateurs ou stagiaires-pros, voire même pour tous les jeunes footballeurs franciliens. Pour conclure cet entretien, je souhaite adresser tous mes remerciements à Jérôme Badie, mon coach en U19 DH au PSG. J’en profite également pour saluer tous mes anciens coéquipiers avec qui j’ai vécu une super année au PSG. Elle restera gravée à vie en moi ! Enfin, je remercie du fond du coeur mon père, mon beau-père, ma belle-mère, ma copine, et ma famille pour leur précieux soutien. »