[News-Anciens] Alexis Giacomini (FC Bastia-Borgo/N1) : « Je ne suis pas prêt d’oublier la béquille faite par Neymar ! »

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Direction la Corse pour prendre des nouvelles de l’ex-Titi du PSG Alexis Giacomini (21 ans) qui évolue désormais au FC Bastia-Borgo (N1), après avoir quitté le PSG en juillet 2018 non sans difficultés… Si l’après-PSG pourrait paraître des plus simples, ce ne fut pas le cas pour le natif de Dax qui a dû se battre pour revenir sur le rectangle vert.

De sa venue au PSG en provenance de Bayonne en juillet 2015 à sa participation aux entraînements sous la coupe d’Unaï Emery, de sa période sans club à son retour à la compétition avec le FC Bastia-Borgo, Alexis revient en exclusivité pour LTDPSG sur son début de carrière. 100% authentique !

Confinement dû au COVID-19

« J’ai la chance d’être logé dans le bas d’une villa à Bastia, chez des propriétaires âgés de 70 ans. Ils ont l’habitude de louer leur hébergement. Ils possèdent une salle de musculation où je peux vraiment bien travailler. J’utilise le matériel quand je le souhaite ! Je réalise une heure de course et une heure de musculation tous les jours. Ca se passe très bien, ils me considèrent un peu comme leur fils. Lorsque j’avais visité leur bien, le feeling s’était immédiatement bien passé. Sinon je m’occupe en regardant des séries ou bien en prenant des nouvelles de mes proches et de mes amis. »

Son après-PSG

« J’avais réalisé une grosse deuxième partie de saison 2017/2018 avec l’équipe réserve en CFA (16 matches). J’avais été aligné en défenseur latéral gauche. Le PSG ne m’a pas fait d’offre concrète pour renouveler l’aventure. J’avais toutefois deux projets intéressants en parallèle : Le Mans en N1 et la Real Sociedad par le biais d’Eric Olhats, l’ancien conseiller d’Antoine Griezmann, qui me connaît depuis mes années passées à Bayonne. Malheureusement, mon agent de l’époque Fabrizio Ferrari a souhaité tout prendre en main. Je lui ai fait confiance, mais le temps est passé et je me suis retrouvé sans rien ! La fin du mercato est arrivée, je n’ai plus eu de news… Honnêtement, ce fut très compliqué à vivre. Ma famille a joué un rôle déterminant pour que je ne me laisse pas aller. J’étais passé « de tout » à « rien du tout ». Quand je suis revenu à Bayonne, trois ans après en être parti, les gens disaient que c’était bien car « au moins j’avais eu mon BAC STMG ». Ca fait mal ! Ca donnait des billes à tous ceux qui lorsque j’avais 13 ans me disaient que je ne deviendrais jamais pro… »

Son retour sur les terrains

« Alors que j’étais sans club, je suis allé faire un essai à Piacenza en Italie. J’y suis resté plusieurs semaines, mais je n’ai pas bien senti la chose. J’étais convaincu de ne pas abandonner pour autant, je me suis entretenu pour me maintenir en forme. J’ai tenté ma chance à Béziers, mais le club était en mauvaise posture. Je n’aurais pas eu de temps de jeu. Il y a eu des contacts avec le Tours FC. Sans suite. Finalement, un ex-observateur du PSG (Jean-Marc Tomassetti) m’a permis de rentrer en contact avec l’EA Guingamp. Quitte à ne rien faire, j’y suis allé en janvier 2019. J’y ai signé un contrat amateur, une licence toute simple. Je me suis entraîné avec l’équipe réserve. J’ai pu bénéficier des services du préparateur physique Thomas Bagot qui officie désormais au centre de Formation du PSG. Il m’a véritablement remis dans le bain ! Une renaissance ! Quel bien fou de retrouver l’ambiance d’un vestiaire, de pouvoir s’entraîner, d’avoir de bonnes douleurs physiques, de toucher le ballon… Malheureusement, je n’ai fait aucune apparition avec l’équipe réserve. Pourtant l’équipe était largement en tête du championnat. A Guingamp, j’ai pû retrouver Félix Eboa Eboa avec qui j’avais joué au PSG. Chaque matin, il tournait à gauche d’un rond point pour aller avec pros, moi à droite chez les jeunes… »

Sa signature au FC Bastia-Borgo

« Je suis de nouveau revenu à Bayonne, la descente en L2 de Guingamp ne m’aidant pas également… Rodez me contacte pour jouer dans son équipe réserve, mais je ne donne pas suite. A 20 ans, j’aspirais à mieux. Et contre toute attente, le FC Bastia Borgo (N1) m’a contacté. Mon nom à consonance Corse et mon gros CV chez les jeunes les ont convaincus ! (rires) Plus sérieusement, on me confirme que j’y suis attendu pour faire un essai lors de la reprise. Je me suis préparé en conséquence. J’ai ensuite passé une semaine avec l’équipe et réalisé les tests physiques. Le club a pris en charge mon déplacement et hébergement, je n’avais que la nourriture à acheter. Au terme de l’essai, je me retrouve à disputer un match amical contre l’AC Ajaccio (L2) alors que je n’ai pas joué depuis un an ! Finalement, je fais un très gros match en 10, mon vrai poste ! A la mi-temps, le staff me fait part de sa satisfaction et me fait comprendre que l’aventure commence. »

Son statut au FC Bastia-Borgo

« J’ai signé un contrat Fédéral d’un an. Je suis l’un des 2-3 plus jeunes joueurs de l’effectif. Si j’en crois les derniers échos, tout le monde est plutôt satisfait de moi. On me considère comme un joueur d’avenir pour le club. Bien évidemment, mon futur est aussi lié à nos résultats, notamment au maintien en N1. D’autres jeunes sont prêtés et savent qu’ils ne resteront pas. Je sens qu’on me fait confiance, j’ai disputé 10 matches en championnat (4T+6R). C’est plutôt pas mal pour une première année à ce niveau. »

Son étiquette d’ex-joueur du PSG

« Honnêtement, on m’a très bien accueilli. Ils ont tout de suite vu que j’étais un bon mec, qui ne fait pas de vague, qui ne se la raconte pas. Je ne suis pas venu pour prendre la place de qui que ce soit. Je suis là pour jouer au football, progresser et aider l’équipe à gagner. En Corse, les locaux accordent beaucoup d’importance à la personne que tu es. Les gars d’ici m’ont pris sous leur coupe, ça veut tout dire. Ils ne m’ont jamais chambré sur mon passage au PSG. Au contraire, ils se sont dit que le fait d’y avoir été formé était un gage de sécurité sur mon réel apport. Tout est différent du PSG, car j’ai affaire à des pères de famille ! Eux ils jouent au football pour pouvoir nourrir leur famille, en plus de travailler pour certains. Avec l’équipe réserve du PSG, nous savions que l’on se maintiendrait mais que nous ne pouvions pas monter, les motivations personnelles étaient totalement différentes ! C’était plus individualiste, le total opposé de ce que je vis actuellement. »

La saison du FC Bastia-Borgo

« Suite à la montée du club en N1, l’objectif principal est clairement le maintien (13e avec deux matches en retard). Il faut savoir que le FCBB a été fondé en 2017, né de la fusion du CA Bastia et du Borgo FC. Le CAB a même évolué en L2 en 2013-2014. L’ambition réelle est donc de retrouver le statut professionnel. Nous avons une bonne équipe, avec plusieurs joueurs qui ont déjà connu le haut-niveau.« 

La place du FCBB en Corse

« A mes yeux, il s’agit du deuxième club Corse, derrière le SC Bastia. Il règne une passion pour le SC Bastia qui est impressionnante ! Sur le plan populaire, on ne joue pas dans la même catégorie ! (rires) Ca nous permet d’avoir un peu moins de pression qu’eux. Actuellement nous avons de meilleurs résultats que le Gazelec Ajaccio, ce qui nous permet d’être le 2e club Corse sur le plan comptable. Certes l’AC Ajaccio joue la montée en L1, mais la passion y est moins franche. »

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Son choix de rejoindre le PSG

« Le club de Bayonne où j’évoluais avait un partenariat avec l’Athletic Bilbao. Nous étions allés nous y entraîner. Les installations étaient superbes ! Mon rêve était d’intégrer son centre de formation, car mon jeu collait parfaitement avec le football espagnol. Malheureusement, ce club n’a jamais bougé les choses pour nous solliciter mes partenaires et moi-même. Pourtant, plusieurs d’entre-nous avons par la suite intégré des centres de formation réputés (PSG, OL, Saint-Etienne, Nîmes, Tours). J’ai opté pour le PSG car c’est le premier club à m’avoir formulé une proposition concrète, aussi simple que cela. »

La place des jeunes au PSG

« A mon époque, elle était très petite ! Toutefois, il faut bien avouer que ça a pas mal évolué les saisons suivantes. Je suis persuadé que des consignes ont été transmises par les dirigeants pour que les jeunes fassent davantage d’apparitions. Il y a tellement eu de critiques par le passé sur la formation des jeunes au PSG. Le coach a dû subir une forme de « pression » à ce niveau. Sans cela, il n’aurait jamais utilisé certains jeunes. »

Son anecdote avec Neymar

« Il y a prescription, je peux dorénavant en parler publiquement ! (rires) Lors d’un entraînement chez les pros, je participe à une opposition. J’ai la charge de défendre sur Neymar. Suite à un premier contact de l’épaule, j’obtiens une touche à son détriment. Neymar montre clairement son mécontentement. Je fais la touche vers Thiago Silva, le ballon me revient en 5 secondes dans les pieds, et là Neymar me met volontairement une béquille ! Je comprends tout de suite qu’il n’a pas digéré la décision pour la touche précédente… L’entraînement continue, et une heure plus tard je le déborde en un contre un après avoir évité son pressing, mais comme il court trois fois plus vite que moi il me rattrape et me tacle sévèrement ! J’ai dû quitter l’entraînement car il m’avait blessé à la jambe. Unaï Emery n’a rien dit, Neymar ne s’est pas excusé, chacun son caractère ! Ce fut mon dernier entraînement parmi le groupe professionnel. »

Son apprentissage au PSG

« En plus de m’être étoffé physiquement, j’ai beaucoup appris sur le plan tactique, notamment comment défendre ou attaquer en équipe. On m’a également fait travailler des petits détails qui peuvent faire la différence, comme bien contrôler le ballon en fonction du pressing d’un adversaire. Sur le plan technique, j’avais déjà un certain bagage, tout comme l’ensemble de mes coéquipiers. Il nous fallait le mettre au profit du collectif. »

Son évolution en tant qu’homme

« Lorsque je suis parti de Bayonne pour rejoindre le PSG, j’étais un gamin qui avait besoin de ses parents pour la moindre chose. Trois ans après, je suis devenu un adulte autonome. J’ai appris à gérer des factures, à me faire à manger… Une vraie leçon de vie ! J’ai également appris à ne pas accorder ma confiance à n’importe qui, à être méfiant du monde qui m’entoure. Quand tu joues au PSG, tu attises les convoitises. J’ai vécu pendant un an au centre de Formation, c’était l’année de mon BAC (option STMG) que j’ai obtenu. Ensuite, j’ai habité tout seul pendant deux ans à Saint-Germain-en-Laye. »

Ses meilleurs souvenirs au PSG

« Forcément l’UEFA Youth League, avec notamment notre victoire (4-1) contre le Real Madrid en 2015 en phase de poule, quel match ! Nous avions atteint la finale, malheureusement perdue face à Chelsea. Un beau souvenir malgré tout ! Comment ne pas mettre en avant le titre de champion de France U19 décroché la même saison… Une sacrée saison ! Je suis d’ailleurs toujours en contact avec Lorenzo Callegari et Alec Georgen. J’ai également apprécié Hatem Ben Arfa lorsqu’il venait s’entraîner avec l’équipe réserve, du temps où il était écarté du groupe pro. Nous avions sympathisé, un vrai bon mec. »

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Ses mauvais souvenirs au PSG

« Forcément mes deux grosses blessures : une pubalgie et une rotule cassée. Ca a ralenti ma progression. Toutefois, ça m’a appris à gérer des moments difficiles. Comment anticiper une blessure, mais aussi comment la traiter. Le foot, c’est 80% de mental ! Voire 100% ! (rires) On se comprend ! »

Ses regrets au PSG

« Peut-être celui de n’avoir jamais réellement joué à mon poste, dans l’axe. On m’a souvent utilisé en joker pour renverser les matches. Je n’étais pas un « méchant », je n’étais pas du genre à me rebeller. »

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Ses ambitions à 21 ans

« L’histoire n’est pas finie ! Autant si j’évoluais en N2 ou N3, je laisserais le temps au temps, autant là je sais que tout peut aller très vite. Preuve en est, après mon très bon match face à Cholet, j’ai reçu une multitude de coups de téléphone de la part de clubs ou bien d’agents. Le niveau N1 est très suivi, c’est vraiment la division où l’on se forme le mieux pour espérer atteindre le haut niveau. De plus, j’ai un bon petit CV chez les jeunes qui peut vraiment faire la différence, alors pourquoi pas ? Alors oui, si je n’avais pas fait confiance à mon agent de l’époque, peut-être aurais-je déjà joué quelques matches en L2 avec Rodez ? On ne le saura jamais… Avoir fait confiance à cet agent reste le plus gros regret de ma carrière. Il m’a fait capoter deux bons projets. Une carrière est faite de choix, il n’est pas aisé de ne jamais se tromper, voilà pourquoi il faut faire très attention. »

Son mot de la fin

« C’est franchement cool de prendre de mes nouvelles. A l’époque, nous prenions tous un réel plaisir à suivre quotidiennement la couverture de notre équipe sur le site des Titis du PSG. Je vois que l’image de l’Association s’est extrêmement bien développée. Cette interview m’a sincèrement fait plaisir, elle m’a permis de me remémorer de bons moments. »