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Direction Israël pour prendre des nouvelles de l’ex-Titi Antoine Conté (26 ans) qui évolue au Beitar Jerusalem (D1-Isr) depuis juillet 2017.
Le défenseur formé au PSG revient en exclusivité pour LTDPSG sur ses années passées sous le maillot Rouge & Bleu (2007 à 2013), mais également sur son aventure de l’autre côté de la Méditerranée.
Confinement du au COVID-19
« Mon confinement s’est plutôt bien passé. Il a duré environ deux mois et demi. Il n’y a pas eu beaucoup de décès en Israël. Le club nous avait mis un vélo d’appartement à disposition. Nous avons également réalisé des séances d’entraînement à distance avec le staff par le biais de la vidéo. Le plus dur à vivre fut de ne pas savoir qu’elle serait la date de reprise. On avançait un peu dans l’inconnu. Le déconfinement a eu lieu depuis un peu plus d’un mois. Nous avons repris par trois matches amicaux, et nous avons ensuite enchaîné avec trois matches de championnat. »
Sa saison sur le plan individuel
« Je réalise une bonne saison, avec des matches de qualité. J’ai disputé 18 rencontres de championnat (17T+1R), ce qui est plutôt satisfaisant. J’ai eu un peu de mal lors du premier match de reprise après le déconfinement, mais j’ai plutôt bien assuré lors des deux suivants. »

Sa saison sur le plan collectif
« On vie la 3e voire la 2e place du championnat. Nous sommes actuellement 3e. On réalise une bonne saison. Nous avons notamment remporté la Toto Cup en septembre face au Maccabi Tel Aviv, l’équivalent de la coupe de la Ligue en France. Notre objectif est la qualification européenne. Depuis mon arrivée, le club a bien évolué. Un nouveau Président est arrivé avec un nouveau projet. Il a nommé Yossi Benayoun (ex-Liverpool, Chelsea, Arsenal) en tant que manager, en fin de saison dernière. C’est un grand nom du football israëlien (recordman du nombre de sélections : 102). Il va pouvoir apporter toute son expérience pour développer le club. »
Son choix de rejoindre le Beitar Jerusalem
« Je ne vais pas le cacher, mais j’avais un peu peur avant de signer au Beitar. J’entendais toute sorte de choses, notamment sur la guerre… Mon agent m’a rassuré et une fois sur place j’ai pu m’apercevoir que l’on était loin de tout ce qui peut se dire. Même si c’est plus strict à Jérusalem qu’à Tel Aviv ou bien Haïfa, il y fait bon vivre. Mes coéquipiers m’ont très bien accueilli. Je ne regrette pas du tout d’avoir opté pour ce projet. »

Son avis sur le championnat israëlien
« Le niveau est très variable ! Les trois premiers du championnat ont selon moi le niveau pour jouer en L1. Je pense au Maccabi Tel Aviv, Maccabi Haïfa, et au Beitar Jerusalem. Mais par contre il faudrait que l’on soit tout le temps au top de notre forme ! (rires) Les autres équipes ont le niveau L2 voire National. Il y a de telles différences de budget que les écarts s’en ressentent réellement sur le terrain. En ce moment, nous disputons les playoffs avec les équipes du haut de classement, c’est tout de suite plus intéressant. D’habitude, on affronte des équipes toutes recroquevillées devant leur but ! Ici, il n’y a pas un type de jeu bien particulier. Par contre, tous les joueurs français venus jouer en Israël affirmeront que ce n’est pas un football facile. Pourtant certains ont connu la L1 et la L2, ils ont malgré tout éprouvé certaines difficultés. Le public est un des plus fous que j’ai connu jusqu’ici, mais c’est le soutien des supporters est génial quand on gagne nos matches. Un peu moins quand on perd, mais ça nous pousse à tout donner. Lorsqu’on joue des grandes affiches, le stade est complet, l’affluence est même supérieure à celle du Stade de Reims. »
Ses meilleurs moments au PSG
« J’ai vécu mes meilleurs moments au PSG lorsque j’étais au centre de préformation à Verneuil-sur-Seine. Je me souviens notamment de notre qualification pour la Nike Premier Cup en 2009. Nous avions tout écrasé rapidement lors des qualifications en France. Ensuite, nous sommes allés à Manchester pour disputer la phase finale. Lors du tirage au sort, les joueurs de Manchester Utd ont montré leur joie lorsqu’ils ont su qu’ils étaient dans notre poule. Même chose avec São Paulo… On a laissé faire. On bat São Paulo (2-1) puis (3-0) Manchester Utd (3-0). A partir de là, tout le monde nous a respecté ! Malheureusement, notre parcours s’est arrêté en demi-finale par une défaite aux tirs-au-but. Il régnait une superbe ambiance dans notre équipe ! Ca reste les meilleurs moments de ma vie de footballeur. Inoubliable ! Une anecdote me vient à l’esprit… A cette époque, il y avait une rivalité entre les deux collèges Jean Zay (Verneuil-sur-Seine) et Emile Zola (Vernouillet). Un jour, nous avons organisé un match. On avait mis la musique de la Ligue des Champions, il y avait un arbitre, le serrage des mains entre joueurs, un vrai match improvisé ! Ca s’est super bien passé. Nous avions une vraie vie de groupe. »
Ses débuts dans le groupe pro
« J’ai connu le début de l’ère Qatarie au PSG, il y avait du beau monde dans l’effectif… Ibrahimovic, Pastore, Beckham !!! Dans les vestiaires du centre de Formation, on se disait tous que c’était mort pour nous. Mais on s’est accrochés, car l’entraîneur Carlo Ancelotti venait souvent nous voir jouer, notamment lors de la Nextgen Series (ancêtre de l’UEFA Youth League). Nous étions convaincus qu’il nous donnerait notre chance si nous étions très bons sous ses yeux. Je me rappelle, comme si c’était hier, de ma première convocation avec le groupe pro. C’était pour la mise au vert face à Valence en Ligue des Champions. Je discutais tranquillement dans le vestiaire avec Alphonse Areola lorsque David Beckham est venu nous saluer. Il était encore plus timide que moi, ça m’a choqué ! Il avait un truc en plus, il générait beaucoup de respect, même sur le terrain. D’ailleurs, j’ai peut-être trop respecté tous ces grands joueurs, je manquais encore de maturité pour m’affirmer davantage dans le jeu. C’est bête à dire, mais l’incident que j’ai rencontré par la suite m’a fait grandir. Je suis devenu un homme une fois que je n’étais plus au PSG. C’est ainsi. »
Son premier match pro
« Il y a sept ans, déjà ! C’était à Toulouse en L1. Les jours précédents cette rencontre, Carlo Ancelotti avait convié Kingsley Coman, Alvin Arrondel et moi-même aux entraînements. Claude Makelele, coach-adjoint, nous avait dit que nous avions deux semaines pour prouver qu’on méritait de jouer. J’ai saisi ma chance et l’on m’a retenu pour le déplacement à Toulouse ! Rien que d’en parler, j’en ai encore des frissons. A la 70e minute, Mamadou Sakho a marqué, il est venu me sauter dans les bras pour célébrer le 3e but de l’équipe (Pastore et Ibrahimovic avait marqué). Il a rappelé au coach que j’étais là ! (rires) J’ai continué à m’entraîner le long de la ligne de touche. Van Der Wiel a inscrit un 4e but peu de temps après…Le staff m’a alors appelé pour remplacer Mamadou. Quand j’ai mis mes protège-tibias, je n’entendais plus rien ! (rires) Je n’avais jamais vécu une telle sensation auparavant. Une fois sur le terrain, j’ai cherché à faire des choses simples. Je n’ai joué que quinze minutes, mais ce ne fut que du pur bonheur ! »

Après TFC-PSG
« J’ai reçu des tonnes de messages ! Mais ce n’était pas une fin en soi…Je n’avais pas encore signé de contrat professionnel. J’ai donc continuer à m’entraîner normalement, sans m’enflammer. J’en voulais plus, alors je donnais tout à l’entraînement ! Finalement, je n’ai pas rejoué en pro sous Carlo Ancelotti. Je tiens quand même à le remercier car il m’a permis de débuter en L1. »
Son départ du PSG
« Laurent Blanc a été nommé entraîneur. J’ai participé au stage d’avant-saison après avoir signé mon premier contrat pro. Avec Adrien Rabiot, nous avons dû quitter le groupe, car nous devions rejoindre la sélection U19 pour participer à l’Euro U19. Arrivés à l’aéroport, le staff nous informe qu’il faut revenir car le coach veut nous faire jouer un match amical contre une équipe autrichienne ! Mentalement, je n’étais pas du préparé à cela… Evidemment, nous sommes revenus pour disputer la rencontre. Malgré vingt bonnes premières minutes, je n’ai pas réalisé une très bonne prestation. Je me suis donc dit que si je réalisais un bon Euro, j’aurais d nouveau ma chance. Nous avons atteint la finale avec les Bleuets. A mon retour au club, Laurent Blanc a fait part à mon agent qu’il ne comptait pas sur moi ! Il a dit que je réintégrais l’équipe réserve et que s’il avait besoin de moi il m’appellerait. J’ai trouvé cela très frustrant ! A croire qu’il était resté focalisé sur le match face au club autrichien et qu’il n’avait pas vu mes matches lors de l’Euro U19. J’ai donc demandé à être prêté dans la foulée pour acquérir du temps de jeu au plus haut niveau. J’ai donc signé au Stade de Reims, promu en L1. »

Son passage au Stade de Reims
« Ca change du PSG ! Notamment sur le plan des infrastructures… Mais on s’est bien battus en décrochant le maintien. J’ai joué une dizaine de matches toutes compétitions confondues. Le Stade de Reims a levé l’option d’achat à quelques semaines de la fin de la saison. Jean-Luc Vasseur a pris les commandes de l’équipe. J’ai réalisé une bonne saison en jouant notamment 29 matches en L1. Pas mal de clubs se sont intéressés à moi, notamment Montpellier, Lorient, Saint-Etienne. Malheureusement, le club m’a bloqué et j’ai dû l’accompagner en L2. Il s’est passé ce qu’il s’est passé, c’est comme ça. »
Ses premiers pas chez les Espoirs
« Je jouais au Stade de Reims, lorsque j’ai reçu ma première convocation. Je m’en souviens très bien, c’était en 2014. Nous étions en plein exercice foncier et le coach m’a interpellé. Comme un gosse, je pensais avoir fait une connerie ! (rires) Il m’a informé que j’étais retenu avec les Espoirs. J’ai d’abord cru à une blague ! Et une fois que le secrétaire du club m’a tendu la convocation, là j’ai réalisé que c’était vrai. Quelle fierté ! Il n’y avait que des grands noms dans cette équipe… Finalement, j’ai disputé le Tournoi de Toulon aux côtés de Jordan Ikoko, Adrien Rabiot et Jean-Christophe Bahebeck, avec une place de finaliste face au Brésil de Marquinhos. Un très bon souvenir. »

Son avis sur le PSG actuel
« Je regarde toujours la L1. Le PSG possède une très bonne équipe, bien place avec d’excellentes individualités. Collectivement, ils semblent avoir trouvé un bon état d’esprit. Je en vis pas à l’intérieur du groupe, mais c’est l’image que l’on s’en fait. Le PSG possède de meilleurs joueurs que Liverpool, mais l’équipe anglaise possède un collectif plus costaud. Toutefois, le PSG s’améliore sur ce plan, et si ce n’est pas cette année, je les vois remporter la Ligue des Champions d’ici deux à trois ans. Si Neymar se bat sur le terrain lors des grandes affiches comme il l’a fait lors du match retour contre Dortmund, je suis persuadé qu’il peut entraîner toute l’équipe avec lui. J’adore Mbappé, mais moins lorsqu’il essaye de faire du Neymar ! Par contre, je suis très heureux de voir l’évolution de mon ex-coéquipier Presnel Kimpembe. J’espère de tout coeur que le PSG remportera cette coupe si attendue par tous les supporters, car ils le méritent ! »
Ses ambitions pour la prochaine saison
« En toute modestie, je pense avoir fait ce que j’avais à faire avec le Beitar Jerusalem. J’espère trouver une meilleure équipe pour me relancer. Je sais que j’ai les capacités et le niveau de jeu pour prétendre à mieux. Il y a donc 90% que je parte. Je suis ouvert à tout, même si j’aimerais me rapprocher de la France afin d’être au plus près de mon fils âgé de 4 ans. Mes proches étaient présents à mes côtés lors des deux premières années, mais nous avons ensuite souhaité qu’il intègre le système scolaire français. Jouer en Allemagne, en Italie ou en Espagne ne serait pas inintéressant. Et pourquoi pas un retour en France ? Je sais qu’il me faudrait être fort mentalement, car j’imagine que mon retour ferait du bruit sur le plan médiatique après tout ce qui s’est passé…Mais j’aimerais démontrer que l’on s’est trompé sur mon compte et intégrer un projet au sein duquel je pourrais être totalement épanoui. »
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Son mot de la fin
« Depuis ma venue au PSG en 2007, je suis un fidèle du site internet de l’association des Titis du PSG. Je suis heureux de voir qu’il met toujours aussi bien en avant les jeunes du club mais également les anciens dont je fais partie dorénavant. Ca fait du bien de savoir que l’on ne nous oublie pas ! Un grand merci. J’en profite également pour adresser tous mes encouragements aux Titis qui fréquentent actuellement le centre de Formation du PSG. Ne lâchez rien ! Si ce n’est pas ici, ce sera ailleurs, mais donnez vous les moyens de réussir pour ne pas avoir de regrets. Seul le terrain parlera ! »
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