[News-Anciens] Didier Domi : « Le Paris Saint-Germain est une grande famille »

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Comme chaque semaine, PSG.FR & LTDPSG retrouvent un ancien joueur passé par le Centre de Formation du Paris Saint-Germain. Direction le Qatar, et plus précisément à Doha, pour prendre des nouvelles de l’ex-Titi Didier Domi, qui revient sur son actualité et sur ses années parisiennes.

Didier, quelles sont les principales images qui te viennent à l’esprit lorsqu’on évoque tes jeunes années passées au Paris Saint-Germain ?

« Plus que les victoires ou les trophées remportés, c’est avant tout l’esprit de famille qui régnait au sein du club. Je m’y sentais comme chez moi. Avant que le Centre de Formation de Saint-Germain-en-Laye ne voit le jour, j’ai fréquenté le sport-études dont Bernard Guignedoux était le responsable. Il s’agissait du premier buteur de l’histoire du club. C’était impressionnant pour le jeune supporter de Paris que j’étais. Cet esprit identitaire m’a poussé à m’inscrire dans cette voie. Au fil des années, j’ai appris mon métier de footballeur avec passion et envie de réussir. Je n’en garde que d’excellents souvenirs. Une vraie école de la vie ! »

En parallèle, il fallait tenir le rythme sur le plan scolaire. D’ailleurs, les études sont-elles importantes lorsque l’on souhaite devenir footballeur professionnel ?

« On voyage avec l’histoire, on réfléchit avec les mathématiques, on s’exprime avec le français ! Les études sont complémentaires d’une carrière sportive. Elles sont indispensables, car elles permettent d’avoir une fenêtre sur le futur. Un joueur qui n’atteint pas le plus haut niveau pour une raison quelconque se doit de pouvoir rebondir professionnellement. Tout comme pour un joueur qui devra assurer une reconversion en fin de carrière. L’école permet d’enseigner certaines valeurs qui sont bénéfiques dans la vie de tous les jours et notamment pour le sport de haut niveau, comme savoir faire des sacrifices ou bien le dépassement de soi. Les apprentis footballeurs sont dans l’obligation d’adopter de bonnes méthodologies s’ils veulent concilier football et études. Tout miser sur le football est un pari très risqué. »

Le terrain, parlons-en. Quels sont tes meilleurs moments sportifs vécus au Centre de Formation ?

« Il y en a tellement ! Difficile d’en citer un plus qu’un autre ! Mais une victoire restera en moi à vie. Il s’agit de notre succès lors du Tournoi de Montaigu en 1993, une compétition qui était la référence des tournois organisés pour les centres de formation. Tous les joueurs de ma génération sont marqués à vie par ce moment. Nous avions un esprit de camaraderie qui nous a permis de battre de grandes équipes lors de cette compétition. Nous possédions certes des qualités techniques et des qualités physiques, mais sans une bonne entente entre les joueurs et le staff, nous n’y serions jamais arrivés. Presque trente ans après, aucune autre équipe du club n’est parvenue à remporter le trophée, ce qui prouve la difficulté d’y parvenir. C’est donc une immense fierté d’avoir inscrit cette ligne à mon palmarès ! »

Tu fais partie de la liste des joueurs formés à Paris qui ont également porté le maillot rouge et bleu chez les pros. Te souviens-tu de tes premiers pas ?

« Étant de nature réservée, voire timide, je m’étais forcément fait tout petit à mes débuts chez les pros. J’ai intégré le groupe à l’âge de 16 ans, imaginez la pression ! Les médias commençaient à s’intéresser à moi. Puis un soir de janvier 1995, je me suis retrouvé au milieu des Ginola, Rai, Valdo, Roche, Kombouaré, Lama et consorts sur la pelouse du Parc des Princes, pour disputer mon premier match officiel face à l’Olympique Lyonnais. Même si je n’avais joué qu’une minute, ce fut extraordinaire à vivre. Du jeune inconnu que j’étais, je suis passé au plus jeune joueur de l’histoire du club ! Très vite, j’ai compris qu’il fallait enfiler une panoplie de guerrier pour être à la hauteur des attentes. Étant défenseur latéral gauche, il y a forcément beaucoup de duels. J’ai donc mis ma timidité de côté et j’ai foncé ! »

C’est Luis Fernandez, le Titi du PSG par excellence qui t’a propulsé au plus haut niveau. Une relation forcément particulière ?

« Mon premier souvenir de football à la télévision, c’est le fameux France-Brésil lors du Mondial 1986 au Mexique. L’un des plus beaux matches de l’histoire du football. Je m’en souviens comme-ci c’était hier. J’étais avec mes parents en train d’encourager les Bleus. Et puis Luis Fernandez a marqué le penalty décisif ! Presque dix ans après, c’est lui qui m’a lancé dans le grand bain. Je l’admirais beaucoup car il représentait pour moi l’identité du club puisque lui aussi y avait été formé. Il a tout fait pour faciliter au mieux mon intégration. Je n’oublie également pas des joueurs comme Vincent Guérin, Rai, Paul Le Guen, Laurent Fournier et bien d’autres, qui m’ont permis de me sentir à l’aise. Ils étaient tous bienveillants envers moi. J’ai eu énormément de chance de me retrouver parmi cette superbe génération de joueurs. La réussite d’un jeune joueur dépend de tellement de facteurs. J’ai tout fait pour leur rendre leur confiance en me battant du mieux possible à chaque minute passée sur le terrain. »

Le 2 mai 1998, tu as fêté tes vingt-ans de manière plutôt originale…

« Assurément l’un des meilleurs moments de ma vie ! Ce jour-là, nous avons remporté la Coupe de France, la première disputée au Stade de France, peu de temps avant la victoire des Bleus lors du Mondial. Mais c’était surtout le dernier trophée remporté par le capitaine Rai. Peut-être le joueur qui a eu la plus grosse relation avec les supporters de toute l’histoire du club. Au moment de brandir le trophée, il me l’a transmis pour que je puisse soulever la coupe le premier ! Toute l’équipe était dans la confidence depuis la mise au vert. Quelle noblesse de caractère de la part de tous ces joueurs. C’était très puissant émotionnellement… Obrigado Capitaine ! »

Tu officies au sein de la PSG Academy basée à Doha, au Qatar. Quelles sont tes missions ?

« J’occupe le poste de conseiller technique. Mon rôle est d’être le garant de la méthodologie d’entraînement utilisée par le club. J’encadre les éducateurs afin de les former et de les conseiller tout au long de l’année. J’assure un suivi régulier pour conserver un lien proche avec le club. Ça me plaît énormément. Nous avons la chance d’évoluer dans de superbes structures. Les enfants progressent quotidiennement, leur plaisir est immense ! Ils ont la véritable sensation d’appartenir à une grande famille, celle du Paris Saint-Germain. C’est essentiel. »

L’équipe professionnelle est d’ailleurs venue vous rendre visite lors de son passage à Doha. Les enfants ont du vivre un rêve éveillé ?

« Je tiens à féliciter le staff et l’ensemble des joueurs car ils ont fait preuve d’une grande disponibilité et d’une extrême gentillesse envers tous les enfants venus à leur rencontre. Ils ont beaucoup rigolé avec tous les jeunes qui fréquentent la Paris Saint-Germain Academy. Les joueurs qui ont participé aux Trophées UNFP étaient dès le lendemain matin en notre compagnie. Ils ont été bienveillants avec tout le monde, et n’ont montré aucun signe de fatigue. Respect ! Un grand bravo à eux car tout s’est très bien passé. Les enfants s’identifient encore plus aux valeurs du club. »

Avant que l’on se quitte, aimerais-tu avoir une pensée pour quelqu’un en particulier ?

« Monsieur Bernard Guignedoux. Avant de former le joueur, il formait l’homme. Sa principale préoccupation était de nous faire progresser sur et en dehors du terrain, au-delà du résultat. Il nous poussait à être des acteurs de notre formation, et non de simples consommateurs. Il savait nous intégrer dans un certain périmètre de liberté, tout en semant les petites graines pour nous aider à grandir. Il nous a transmis son amour du club. C’était un éducateur exceptionnel ! »

PROFIL :

Date de naissance : 2 mai 1978
Lieu de naissance : Sarcelles (Val-d’Oise)
Poste : défenseur latéral gauche
Clubs successifs : Pierrefitte-sur-Seine, Fontenay-en-Parisis, Paris Saint-Germain (1992 à 1998), Newcastle United FC (1998 à 2001), Paris Saint-Germain (2001 à 2004), Leeds United FC (2003 à 2004, prêt), RCD Espanyol (2004 à 2006), Olympiacos FC (2006 à 2010) et New England Revolution (2011)
Palmarès avec le Paris Saint-Germain : vainqueur de la Coupe de France (1998), de la Coupe de la Ligue (1998), du Trophée des Champions (1998) et de la Coupe Intertoto (2001), finaliste de la Supercoupe d’Europe (1996) et de la Coupe des Coupes (1997)
Équipe de France : U15, U16 (3 sélections), U17 (9 sélections), U18 et U21 (19 sélections)
Palmarès avec les Bleuets : champion d’Europe U18 (1996), vainqueur du Tournoi de Toulon (1997)