[News-Anciens] Ducrocq : « Il n’y aura pas de principal concurrent à Paris cette année »

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Joueur totem par excellence, Pierre Ducrocq est le symbole du PSG des années 90-2000. Courageux, hargneux et gouailleur, tels sont les traits de caractère qui définissent le bonhomme. Pour le programme d’avant-match reçu par tous les abonnés du Parc des Princes, l’ancien milieu défensif est revenu sur sa carrière et l’actualité du PSG.

Dijon, sur le papier, est à la portée du PSG. Comment un joueur de Paris doit-il aborder ce genre de rencontres pour être sûr de ne pas passer au travers ?

« Il lui faut beaucoup de professionnalisme et il doit se projeter sur une période, sur une série de matchs qu’il va falloir enchaîner. Que ce soit sur le plan individuel ou collectif, il va lui falloir trouver la bonne manière pour enchaîner les bonnes performances, c’est primordial pour aller au bout d’une telle série. Aujourd’hui, quand tu es joueur du PSG, tu ne peux pas penser pouvoir jouer une compétition, notamment européenne au top, sans, entre-deux, jouer les autres matchs, comme ceux du championnat, en étant également au top au niveau de l’investissement. Et donc voilà, ça rentre dans une logique de série de matchs. Cette rencontre contre Dijon n’est pas simplement une rencontre isolée, elle appartient à une série. »

Après un début de Ligue 1 contrasté, Paris a passé la vitesse supérieure. D’après vous, qui va être le principal concurrent du PSG cette année en Ligue 1 et pourquoi ?

« Moi, je pense qu’il n’y aura pas de principal concurrent à Paris cette année. Je suis désolé de tuer ainsi le suspense… Je pense que si les débuts en Ligue 1 ont été plus difficiles, c’est parce qu’il y avait eu juste avant la ligue des Champions et ce phénomène de décompression naturelle juste derrière. Le joueurs n’ont pas eu de véritables vacances, il ne faut pas l’oublier. Alors que tu as besoin mentalement et physiquement de décélérer un peu. Depuis, ça va beaucoup mieux, ils sont lancés, ils vont remonter. Et moi, je pense que Paris n’aura pas encore de concurrent sérieux cette année en Ligue 1. »

Quel est votre plus beau souvenir en championnat quand vous portiez le maillot parisien ?

« En championnat, c’est toujours le même, ma réponse ne pourra jamais changer. C’est ce PSG-OM de 1999. Marseille mène 1-0 et en huit minutes, à la fin du match, Marco Simone puis Bruno Rodriguez marquent deux buts et on gagne 2-1 au Parc, en feu ce soir-là. »

 Les supporters vous avaient dédié une chanson à l’époque. C’est une chose assez rare, surtout à Paris. Ça vous évoque quoi ?

« Mon seul regret, c’est de ne pas l’avoir gardée et de ne plus pouvoir l’entendre. Ce que ça m’évoque, ce n’est pas juste cette chanson mais toutes ces années que tu passes dans ton Club. Et quand je dis “ton Club”, c’est le Club où tu es né, où tu as été formé, où tu es apparu en premier en pro. Et avec qui tu avais un rapport affectif que tu n’auras nulle part ailleurs après. Et on est bien placé aujourd’hui pour le savoir : quand les supporters te manquent, il te manque tout dans le foot. Et moi, au Parc, c’était ça en fait. Cette relation avec les supporters qui me transcendait. Je n’ai jamais été un joueur extraordinaire mais j’ai toujours été un joueur transcendé par le Parc des Princes, à chaque fois que j’y mettais les pieds, que je revêtais le maillot du PSG de manière plus générale. Cette chanson, ça traduit ce lien affectif avec les tribunes en fait. »

Si vous étiez l’entraîneur de Dijon, quelle tactique choisiriez-vous pour espérer contrarier Paris ?

« Je choisirais une tactique non pas pour contrarier Paris mais pour que mes joueurs prennent le plus de plaisir possible. Et ce ne serait certainement pas une tactique ultra défensive, plutôt une tactique où l’on essayerait de jouer au foot, en sachant pertinemment que ça ne fonctionnerait probablement pas de façon optimum mais que, par périodes, mes joueurs pourraient prendre leur pied et emmagasiner de la confiance pour la suite. Mettre le bus face à Paris, au mieux, tu finis avec un vieux 0-0 sans prendre le moindre plaisir, au pire, tu en as pris plein, tu n’as pris aucun plaisir et les têtes sont dans les chaussures à la fin du match… »

Parmi les nouvelles recrues parisiennes, laquelle vous a le plus séduit et pourquoi ?

« Je serai tenté de répondre Danilo. Parce que c’est un poste où il fallait absolument quelqu’un, et ce depuis longtemps ! Il est trop tôt pour savoir si ça va vraiment fonctionner mais les premières impressions sont bonnes. Il a toutes les qualités, il a la sérénité qu’il faut à ce poste-là. Il rappelle un certain Thiago Motta, même si ce n’est pas exactement les mêmes joueurs. »

Pour finir Pierre, un pronostic pour ce PSG-Dijon ?

« 3-1. »