[News-Anciens] Fabriel Abriel : « Paris m’a donné tous les outils pour réussir ! »

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Comme chaque semaine, LTDPSG retrouve un ancien joueur passé par le Centre de Formation du Paris Saint-Germain. Direction l’Essonne, à Fleury, pour prendre des nouvelles de l’ex-Titi Fabrice Abriel (génération 79), qui revient sur son actualité et sur ses années parisiennes.

Fabrice, comment a débuté ton aventure au Paris Saint-Germain ?  

« Dans les années 80, le Paris Saint-Germain était déjà le plus grand club des Yvelines et même d’Ile-de-France. C’était donc un rêve de pouvoir y jouer, d’autant plus que je n’habitais pas loin du Camp des Loges. J’ai participé à une détection où nous devions être 500 joueurs au départ. J’ai finalement fait partie des quelques heureux élus retenus pour enfiler la tunique rouge et bleu. Très vite, je me suis rendu compte que pour remporter tous nos matchs, il fallait battre des clubs adverses qui jouaient leur match de l’année contre nous. J’ai donc appris très jeune ce qu’est la soif de vaincre ! C’était dans l’ADN du club. Nous avons ainsi remporté plusieurs championnats, différentes coupes et de nombreux tournois. Porter ce maillot donnait lieu à une obligation de victoires. »

Archives des ABRIEL Fabrice - Les Titis du PSG

Tu as ensuite intégré le Centre de Formation. Quels sont tes principaux souvenirs plus de 25 ans après ? 

« Paris m’a donné tous les outils pour réussir. J’ai reçu une formation très aboutie, que cela soit sur les plans technique et tactique, mais également sur l’état d’esprit. J’ai toujours eu la sensation de progresser continuellement. Chaque saison, je me suis battu pour jouer dans la meilleure équipe. J’ai connu tous les niveaux ! Puis un jour, j’ai intégré les 15 ans Nationaux. J’étais surclassé, tout en étant capitaine. J’en profite d’ailleurs pour saluer Christian Mas et le regretté Bernard Guignedoux qui m’ont transmis des bases solides pour avancer. J’ai gravi les échelons assez rapidement, en intégrant les 17 ans Nationaux dirigés par Patrick Liewig et son fameux 4-4-2, puis l’équipe N3 entraînée par Rachid Khendek et enfin l’équipe réserve en N2 sous la coupe de Dominique Leclercq. Je redescendais pour disputer la coupe Gambardella et les phases finales. Je m’adaptais du mieux possible pour gagner ma place. J’essayais d’être intelligent dans le jeu, d’être appliqué techniquement pour être au niveau exigé. En parallèle, j’ai obtenu des diplômes scolaires. Ce double projet fut donc une vraie réussite ! »

Quels sont tes meilleurs moments vécus sur la pelouse avec les jeunes du club ?

« Je vais en surprendre plus d’un, mais je vais citer une défaite. Pas n’importe laquelle car elle m’a réellement servi de déclic, de révélateur sur ma marge de progression pour atteindre le plus haut niveau. C’était lors d’une phase finale disputée contre le FC Nantes, à Clairefontaine. Les Canaris possédaient une sacrée génération de joueurs : Landreau, Gillet, Touré, Deroff et consorts. Ils nous ont battus aux tirs au but, avec un Mickaël Landreau déjà très fort dans ce domaine. Leur jeu était très précis, très huilé, très au point tactiquement. Le fameux jeu à la Nantaise ! Ce jour-là, j’ai vraiment compris ce qu’était le haut niveau. Je me rappelle également d’un maintien acquis avec l’équipe réserve en N2. J’étais confronté au football des adultes, qui fut très formateur. Notre venue en Province était à chaque fois vécue comme une fête. Les stades étaient toujours pleins de supporters adverses qui ne nous faisaient pas de cadeaux. Nous jouions également contres des équipes réserves des clubs pros, ce qui rendait ce championnat très attrayant. Cette étape m’a servi de tremplin avant de devenir footballeur professionnel. »

Transition toute faite, puisque tu as disputé 5 matchs officiels avec Paris chez les professionnels. Peut-on parler d’un rêve éveillé ?

« Complètement ! J’ai toujours cru en moi, en mon projet d’évolution. J’ai su faire le tri autour de moi et avancer avec un seul objectif : porter le maillot de Paris chez les pros ! J’y suis parvenu grâce à Artur Jorge et Denis Troch qui m’ont intégré dans leur effectif. Dans la foulée, j’ai participé au tournoi Opel Masters au Parc des Princes. Je me suis retrouvé face au Milan AC de Weah, Maldini et Boban, mais aussi face au Bayern Munich de Lizarazu et Matthäus. J’étais sous contrat stagiaire-professionnel. C’est Philippe Bergeroo qui m’a offert mes premières minutes officielles en pro. C’était le 16 janvier 2000, à Bordeaux (1-1, 22e journée L1). Quand on y goûte une fois, on veut forcément y revenir au plus vite ! Malheureusement, la santé sportive de l’équipe n’était pas des meilleures à cette période. J’ai donc dû partir m’aguerrir en prêt à la Servette de Genève puis à Amiens, car il était difficile de confier les clés du jeu à un jeune joueur. »

Malgré ce temps de jeu limité en pro, ton amour pour le club reste t’il infaillible ?

« Quand j’étais enfant, j’étais dans les travées du Parc des Princes. J’ai également disputé un match en lever de rideau du fameux PSG-Toulouse, match du titre de champion de France en 1994 ! J’ai participé aux différents challenges à la mi-temps des matchs. J’ai même été ramasseur de balle ! Avec les jeunes, nous avons gagné une multitude de matchs dans toute l’Ile-de-France. J’ai joué mon premier match officiel en pro avec le Paris Saint-Germain, ce n’est pas rien ! Paris m’a offert les bagages nécessaires pour avancer dans ma vie de footballeur mais aussi dans ma vie d’homme. Ma passion pour ce club est immense et elle le restera pour toujours. Pour preuve, je joue avec l’équipe des vétérans du club. J’en profite pour les saluer et les féliciter, car nous avons décroché la montée en R1 en étant invaincus (21V-1N-0D) et avec la meilleure attaque (120 buts). Toujours à 100%, on ne lâche rien en rouge et bleu ! »

Fabrice Abriel : « Je l'utilise comme une richesse »

Après ta riche carrière de footballeur, tu as enfilé la panoplie d’entraîneur. Tu officies auprès des Féminines du FC Fleury 91. Comment se passe tes débuts dans la profession ?

« J’ai la chance de travailler dans un club où l’on me donne une totale confiance. J’ai pu mettre mes idées en place. Mon principal souci est de faire évoluer toute la structure afin de la rapprocher le plus possible du haut-niveau. J’ai pu composer un staff en adéquation avec mon projet et recruter des joueuses en fonction des besoins. Ce travail de fond a vite été récompensé par de bons résultats sur le terrain. Nous avons réduit l’écart avec les meilleures équipes françaises (4e la saison dernière en D1 Arkema). Actuellement, nous développons le centre de Formation. J’ai de grandes ambitions et j’espère aider le club à grandir du mieux possible. Quant au football féminin dans sa globalité, il se développe d’année en année, c’est indéniable. La gestion d’une équipe féminine est quasi similaire à celle d’une équipe masculine, car nous sommes confrontés au même problématique : les médias, les sélections internationales, la tactique, la Ligue des Champions… Même s’il existe encore un décalage avec le football masculin, il tend à se professionnaliser dans un avenir proche. Au même titre que les autres entraîneurs, j’ai un véritable rôle à jouer pour l’aider à se développer. Un vrai plaisir au quotidien ! »

PROFIL

Date de naissance : 06 juillet 1979
Lieu de naissance : Suresnes (Hauts-de-Seine)
Poste : Milieu de terrain
Clubs successifs : Achères (1985 à 1988) – Marly-le-Roi (1988 à 1989) – Paris Saint-Germain (1989 à 2002) – Servette de Genève (2001/prêt) – Amiens SC (2001 à 2022/prêt) – Amiens SC (2002 à 2004) – EA Guingamp (2004 à 2006) – FC Lorient (2006 à 2009) – Olympique de Marseille (2009 à 2011) – OGC Nice (2011 à 2014) – Valenciennes FC (2014 à 2015)

Palmarès avec le Paris Saint-Germain : Vainqueur de la Coupe Intertoto (2001)

Équipe de France : Juniors (5 sélections) – Militaire