[News-Anciens] Franck Dja Djédjé (AS Cannes/N3) : « Kouassi part trop tôt ! Les jeunes de 17 ans ne sont plus les mêmes que ceux de mon époque… »

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Direction les Alpes-Maritimes pour prendre des nouvelles de l’ex-Titi Franck Dja Djédjé (34 ans) qui évolue à l’AS Cannes (N3) depuis juillet 2019.

Le joueur formé au PSG revient en exclusivité pour LTDPSG sur ses années passées sous le maillot Rouge & Bleu (99 à 06), mais également sur le départ annoncé de Tanguy Nianzou Kouassi au Bayern Munich qu’il n’approuve pas…

Confinement du au Covid-19

« Ca n’a pas été très difficile à vivre, car je suis quelqu’un de casanier. Le plus compliqué a été d’occuper mes deux enfants, car nous ne pouvions pas sortir. Les premières semaines j’ai suivi un programme concocté par mon club. La reprise du championnat n’arrivant pas, le club a décidé de nous mettre en vacances. Je n’ai pas pour autant abandonné les entraînements. J’ai utilisé mon vélo sur un home trainer, et en parallèle j’ai fait du footing et du renforcement musculaire. Quand on stoppe la compétition, on a vite fait de perdre notre masse musculaire. La FFF a pris la bonne décision en arrêtant la saison. Certes c’est notre métier, mais à l’instant T c’est la santé de tous qui prime ! »

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Sa saison sur le plan individuel

« Pour moi qui ait connu la L1, je dois avouer que c’est compliqué d’évoluer en N3. C’est la première fois que ça m’arrive dans ma carrière. C’est le jour et la nuit entre ces deux niveaux ! Ce n’est vraiment pas facile, car en N3 c’est surtout l’impact physique qui compte. Hors moi je suis un joueur fin et technique. J’ai du m’adapter, tout en m’appuyant sur mes qualités. J’ai inscrit 4 buts en 15 apparitions (14T+1R), soit le meilleur total de l’équipe. »

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Sa saison sur le plan collectif

« Nous avons connu une saison compliquée (10e du groupe C en N3). Notre entraîneur Ludovic Pollet a d’ailleurs été licencié, payant nos mauvais résultats. Je l’aimais bien car c’est lui qui m’avait fait venir à l’ASC. Mais dans le football, il n’y a jamais de sentiment ! Sinon, sur le plan de l’ambiance nous avons su créer un vrai état d’esprit d’équipe. Malgré mon expérience et mon âge, j’ai mis à l’aise tous mes coéquipiers en leur faisant comprendre que j’étais un joueur de l’ASC comme eux et rien d’autre. Ca s’est très bien passé. Malgré mes 34 ans, on me dit tout le temps que je fais jeune ! Moi, ça me va ! (rires) »

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Sa reconversion

« Merci de me rappeler que je suis plus près de la fin que du début ! (rires) J’ai toujours joué au foot, je ne sers faire que ça et surtout j’aime ça… Tant que le plaisir est là et que mes jambes suivent, je n’ai pas de raison de stopper ma carrière. Je me vois bien encore jouer deux voire trois ans. En parallèle, j’ai attaqué mes formations d’éducateur, pour obtenir le BEF. J’aimerais être éducateur au sein d’un centre de Formation. J’éprouve du plaisir à délivrer des conseils auprès de mes jeunes coéquipiers. J’ai vraiment cette fibre en moi. »

Son après PSG

« Après avoir disputé 5 matches en pro avec le PSG sous la coupe de Vahid Halhilodzic, entrecoupé d’un prêt à Brest (L2), j’ai signé à Grenoble pour avoir du temps de jeu (ndlr : il restera dans l’histoire du Grenoble Foot 38 pour avoir été le 1er buteur de l’histoire du Stade des Alpes, le nouveau stade ultra-moderne du club isérois). J’ai retrouvé la L1 en 2008, suite à notre accession. Je suis ensuite passé successivement par Strasbourg, Vannes, Arles-Avignon, Nice, puis j’ai entamé un tour d’Europe… Je suis allé là où l’on voulait de moi ! C’est le football des années 2010 qui a voulu ça. J’ai joué en Ukraine, en Norvège, en Biélorussie, en Ecosse, au Qatar, et au Kazakhstan, avant de retrouver la France avec l’AS Cannes, l’été dernier. »

Son avis sur le PSG actuel

« Je suis toujours un supporter inconditionnel du PSG ! La question ne se pose même pas ! (rires) C’est le seul club qui m’intéresse en L1. Ce n’est plus le PSG de mon époque. Tout a changé : les infrastructures, le niveau des joueurs, les ambitions ! Et que dire de la masse salariale…Le premier contrat pro était à hauteur de 6 000 euros brut par mois à mon époque, aujourd’hui ça représente presque une prime de victoire ! (rires) Le PSG mérite d’avoir un très grand club, c’est indéniable. Toutes les capitales européennes possèdent au moins un très grand club. »

Les chances du PSG en C1

« Le fait de ne pas jouer des matches officiels, avant de disputer la phase finale, va vraiment être un handicap. Le virus a chamboulé tellement de choses…D’ailleurs, je ne cautionne pas du tout de jouer dans des stades vides ! A la base, on joue pour gagner c’est vrai, mais le foot est également un spectacle. Les gens payent pour assister aux matches. C’est dommage de les priver de ces grandes affiches. Malheureusement, il faut s’adapter, nous n’avons pas le choix. Avec le PSG, de tout temps il a toujours été difficile d’écrire son histoire à l’avance ! Sur un match, tout peut arriver. Sait-on jamais ? »

Le départ de Tanguy Nianzou Kouassi

« Il a joué, malgré son très jeune âge, ce qui prouve que le club comptait réellement sur lui. Je ne cautionne pas du tout son choix ! Il aurait du rester encore un ou deux ans pour s’aguerrir en L1, afin de prouver et ensuite partir si vraiment il a le niveau. On ne connaît pas tous les détails non plus. C’est donc difficile de se prononcer de manière objective. En tout cas, les jeunes de 17 ans ne sont plus les mêmes que ceux de mon époque ! Aujourd’hui, on a l’impression qu’ils possèdent la maturité de joueurs âgés de 20 ans…Ca ne me choque pas, c’est la génération 2000. »

Franck Dja Djedjé au Kazakhstan - Foot - Transfert - L'Équipe

L’amour du maillot

« Tous les Titis de mon époque diront la même chose que moi ! Même si j’ai joué pour d’autres clubs, le PSG est toujours ancré en moi. Jouer au PSG, c’était énorme ! C’était ma vie ! Mon rêve de gosse ! Les jeunes d’aujourd’hui veulent tout, tout de suite, c’est la principale différence avec avant. Ce n’est pas propre qu’au PSG, c’est global. Tanguy Nianzou Kouassi a joué avec le PSG et aurait encore joué la saison prochaine. Pourquoi partir au Bayern Munich où la concurrence sera plus féroce ? Je suis même persuadé qu’il n’y jouera pas plus qu’au PSG ! C’est donc un choix financier, point barre. Si demain, on propose à un de mes enfants de quadrupler son salaire, je ne me pose pas la question ! C’est le foot moderne. Il n’y aura plus de Raul, de Puyol, de Maldini, ce genre de joueurs qui restent toute une vie dans un même club. »

Ses meilleurs souvenirs au PSG

« Assurément ma première convocation avec les pros. Je n’oublierais jamais ce coup de fil du chargé de communication du club. Il m’appelle dans ma chambre du CFA pour me dire que Vahid Halhilodzic compte sur moi pour suppléer Fabrice Fiorèse qui n’était pas certain d’être opérationnel ! J’ai d’abord cru à une blague ! (rires) C’est une fois à l’hôtel à Versailles pour la mise au vert que j’ai réalisé ce qui m’arrivait ! C’était un truc énorme, je me retrouvais aux côtés de Pauleta, Ljuboja, Déhu, Alonzo, etc. Et une fois au stade Bollaert, on m’a dit d’aller m’échauffer…Et c’est avec un maillot floqué du numéro 33 que je suis entré en jeu à vingt minutes de la fin, à la place de Branko Boskovic. Sur mon premier ballon, j’effectue un contrôle de la poitrine à la réception d’une touche, je me suis fait éjecter par le défenseur adverse ! Quelques instants plus tard, j’envoie un centre au 3e poteau ! Je me suis fait huer par le public lensois ! (rires) Je n’ai jamais eu les jambes aussi tremblantes ! Le plus beau dans tout ça est que je n’avais dit à aucun de mes proches que j’étais dans le groupe pour le déplacement à Lens. Ils l’ont découvert en direct à la télévision. Une belle récompense pour toutes ces années de concessions de 12 à 19 ans, toutes ses heures à faire de l’auto-stop pour rejoindre le centre de Formation…Je n’oublierai jamais toutes mes belles années vécues au centre. Il y avait une ambiance exceptionnelle. La bonne époque ! »

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Ses conseils pour les Titis actuels

« Il faut toujours y croire ! Vous ne deviendrez pas tous professionnels au PSG, et même une fois ce statut acquis vous ne jouerez peut-être même jamais en pro avec le PSG. Donc si ce n’est pas ici, ça sera ailleurs… Ensuite, ne négliez pas les études ! J’ai fait cette erreur. Avec du recul, je regrette d’avoir négligé cela, car je suis dorénavant obligé de me former à 34 ans. Soyez donc pro dans tout ce que vous faites, décrochez des diplômes, ayez la tête bien pleine. Ne vous laissez pas approcher par les escrocs qui errent au camp des Loges. Sachez faire le tri parmi vos nouveaux amis, car plus vous allez grimper plus vous en aurez ! Adoptez une bonne mentalité, c’est la base de tout. Persévérance ! Un jour, ça payera ! Il ne faut jamais se mentir à soi-même, c’est ainsi que j’ai fonctionné tout au long de ma carrière. » »

CARTE POSTALE Paris Sg - Psg - Franck Dja Djedje - Saison 2005-06 ...