[News-Anciens] Romain Habran (Afula/D2-Isr) : « Porter le maillot de Paris, c’était comme être un super héros ! »

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Comme chaque semaine, PSG.FR & LTDPSG retrouvent un ancien joueur passé par le Centre de Formation du Paris Saint-Germain. Direction Israël, et plus précisément à Afula, pour prendre des nouvelles de l’ex-Titi Romain Habran, qui revient sur son actualité et sur ses années parisiennes.

Romain, que représente le maillot Rouge et Bleu pour le Saint-Germanois de naissance que tu es ?

« C’est le club de cœur de toute la famille Habran ! Lorsque j’étais enfant, mon papa m’emmenait au Parc des Princes voir les matches. C’était l’époque des Ronaldinho, Okocha et surtout Anelka, dont j’étais un grand fan. Il est d’origine martiniquaise comme moi, je m’identifiais à lui. Parfois, il nous arrivait de ne pas avoir de billet pour entrer au stade, alors nous suivions les matches dans la rue parallèle. On vibrait en écoutant les commentaires à la radio et en reprenant les chants des supporters. Puis un jour, j’ai eu l’opportunité de rejoindre le club. Je m’en souviens comme si c’était hier, un sentiment vraiment incroyable ! À chaque fois que j’enfilais le maillot du Paris Saint-Germain, j’éprouvais beaucoup de fierté car c’est le club de la capitale. J’avais l’impression d’être un super héros ! »

Quels sont tes principaux souvenirs de tes années passées chez les jeunes du club ?

« J’y ai joué durant neuf années, alors imaginez le nombre de souvenirs ! Celui qui me vient immédiatement à l’esprit, c’est la toute première fois où j’ai joué pour Paris. C’était lors d’un tournoi à Reims, avec l’Association Paris Saint-Germain. J’avais l’impression de vivre un rêve, surtout que mes débuts se sont très bien passés. Ensuite, je peux citer notre victoire lors du tournoi Nike de Marcoussis disputé en 2007 avec les U13 sous la coupe de Cédric Cattenoy. À la base, les Titis de la promotion 93 devaient y participer. Finalement, nous étions allés à leur place avec deux ou trois joueurs des U14 Fédéraux. Nous nous sommes imposés lors de la finale contre Montpellier, face à des joueurs plus vieux d’une année que nous. Un véritable exploit ! Enfin, je n’oublierai jamais le jour où j’ai signé mon premier contrat professionnel. C’était une récompense pour tout mon travail accompli. Signer ce document était une concrétisation. Magnifique ! »

La vie au Centre de Formation fut elle simple malgré la concurrence ?

« Nous étions tous comme des frères ! On partageait tout. On allait à l’école ensemble, on mangeait ensemble, on rigolait ensemble… Il n’y avait pas de séparation parmi les différentes générations, nous nous entendions vraiment tous très bien. On se coupait même les cheveux mutuellement ! Dès qu’un coéquipier rencontrait des difficultés, nous étions toujours là pour le soutenir. Je n’oublierai jamais tous ces moments de partage. La concurrence était saine, car nous étions tous suffisamment intelligents pour la gérer de manière réfléchie. Nous formions une véritable famille, comme c’est encore le cas aujourd’hui. On essaye de se revoir de temps en temps avec la très grande majorité de mes anciens coéquipiers. Ces années vécues au centre ont fait de moi l’homme que je suis aujourd’hui. »

Tu as intégré à de nombreuses reprises les entraînements du groupe professionnel. Impressionnant lorsqu’on débarque du Centre de Formation ?

« Forcément, les premiers fois, j’avais les yeux grands ouverts car j’intégrais un groupe de joueurs réputés et talentueux. J’avais mis mon ego de côté car j’éprouvais une forme de respect pour tous ces joueurs confirmés. J’ai toujours été très bien accueilli par Ibrahimovic, Van der Wiel, Camara, Lavezzi, pour ne citer qu’eux… Rien que d’en parler, je réalise la chance que j’ai eue de pouvoir les côtoyer. M’entraîner avec eux ou bien manger en leur compagnie n’a pas été possible pour tous les Titis de mon époque. Quand on est jeune, on ne réalise pas forcément sur le moment car on a envie de jouer et de montrer nos qualités. C’est seulement lorsque l’on n’est plus au club que l’on comprend ce qu’on a vécu. Partout où j’ai pu jouer ces dernières années, tous les gens me posent des questions sur mon passage au club. Je leur dis que tous les grands joueurs de Paris sont hyper cools ! Que l’image faite à leur sujet par les médias est bien souvent loin de la réalité. »

Quel est celui qui t’a le plus impressionné ?

« Sans contestation possible, Thiago Motta ! Il était incroyable, vraiment. Il jouait tout le temps en deux touches de balle. Lorsqu’on faisait des conservations, il ne perdait jamais le ballon. Parfois, je n’osais même plus faire de pressing sur lui par peur d’être ridiculisé ! Je me fatiguais pour rien en essayant de lui prendre le ballon. Avant de le recevoir, il savait déjà ce qu’il allait en faire une fois en sa possession. C’était beau à voir. Le top du top ! »

Quelle valeur as-tu conservée suite à ta formation suivie à Paris ?

« La notion de travail. Tous ces grands joueurs m’ont convaincu que sans travail, on ne peut pas arriver à atteindre nos objectifs. Ils étaient toujours en salle pour faire des étirements, des abdos, de la musculation ou bien de la prévention. Ils m’ont servi de modèles. Quand on observe une telle préparation, on a forcément envie de faire pareil. Cette discipline n’est pas qu’un simple mot. Il y a un temps pour rigoler et un autre pour travailler. Le foot, ce n’est pas que marquer des buts. Il y a tout le travail et le sérieux autour du terrain qu’il faut mettre en place pour être opérationnel. »

Pour clore notre entretien, peux-tu nous faire part de ton actualité footballistique ?

« Je joue à Afula, en Israël, un club de 2e division situé dans le nord du pays. Mon adaptation s’est très bien passée. Je suis vice-capitaine de l’équipe. Nous espérons décrocher la montée parmi l’élite locale. Si nous faisons preuve de régularité dans nos résultats, je suis persuadé que nous y arriverons. J’aime beaucoup la mentalité locale, car les gens ont du caractère et sont très francs, comme moi ! La qualité de vie est exceptionnelle car il fait toujours beau. Les stades sont remplis de supporters fanatiques. C’est un vrai pays de football. D’ailleurs, il y a beaucoup d’amoureux du Paris Saint-Germain. Paris est devenu « The club » ici ! Il y a des maillots Rouge et Bleu partout. J’ai parfois la sensation de ne pas avoir quitté Paris, moi ça me va ! »

PROFIL :

Date de naissance : 14 juin 1994
Lieu de naissance : Villeneuve-la-Garenne (Hauts-de-Seine)
Poste : attaquant
Clubs successifs : CSM Gennevilliers (2000 à 2002), RCFF Colombes 92 (2002 à 2003), Paris Saint-Germain (2003 à 2009), RCF Levallois 92 (2009 à 2011), Paris Saint-Germain (2011 à 2014), FC Sochaux-Montbéliard (2014 à 2015), Stade Lavallois (2015 à 2016), US Boulogne (2016 à 2017), RCD Majorque (2017), Royal Antwerp FC (2018), FC Ashdod (2018 à 2019), CG Tarragone (2019 à 2020), UD Melilla (2020), FK Suduva Marijampolé (2021) et Hapoel Afula FC (depuis février 2022)
Équipe de France : U20 (5 sélections, 2 buts)
Palmarès avec les Bleuets : Vainqueur du Festival Espoirs U20 (2015)