[News-Anciens] Stéphane Lambèse (US Orléans/L2) : « Disputer la Copa America fut comme un déclic pour moi ! »

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Direction le Loiret pour prendre des nouvelles de l’ex-Titi Stéphane Lambèse (24 ans) qui évolue à l’US Orléans (L2) depuis juillet 2019.

Le défenseur né à Nogent-sur-Marne (94) revient en exclusivité pour LTDPSG sur ses années passées au centre de Formation du PSG, mais également sur sa première saison en L2.

Confinement dû au COVID-19

« Je suis à Orléans, ma famille est venue me rejoindre. Je vis plutôt bien le confinement. Les journées sont malgré tout bien chargées, avec des entraînements quotidiens et mon fils de 3 ans dont il faut s’occuper. Je joue également à la PS4 et je suis l’actualité via les réseaux sociaux. Cette période sans taper dans le ballon est longue, c’est bizarre ! »

Sa saison à titre personnel

« Il s’agit ma première année en L2. Il y a eu du bon et du moins bon. Pour espérer jouer un jour en L1, la case L2 est indispensable. Ca joue plus vite qu’en National (ndlr : 30 matches avec le Stade Lavallois, la saison passée). Les joueurs sont plus intelligents, beaucoup viennent de la L1. Il faut donc être constamment vigilant. En N1, ça joue en box-to-box. En L2, c’est beaucoup plus tactique. On voit rarement des scores fleuves. Une erreur se paye cash ! On apprend d’ailleurs de nos erreurs…Avant le confinement, j’étais bien en forme, c’est dommage d’avoir les jambes coupées. Je suis pressé de reprendre mais pas dans n’importe quelles conditions non plus.»

Sa saison à titre collectif

« Honnêtement, nous possédons une très bonne équipe (ndlr : l’USO est classé 20e de L2). Parfois, quand ça ne veut pas, et bien ça ne veut pas… Quand on va taper sur la barre ou le poteau, des équipes comme le FC Lorient ou le RC Lens vont marquer ! On manque sincèrement de chance. Ce n’est pas le jeu de l’équipe le problème. Quand la réussite fuit une équipe, certains doutes peuvent s’installer. Pourtant, on joue bien. Le changement d’entraîneur en mars a permis de voir de bonnes intentions, avec un nouveau schéma de jeu. Les joueurs du groupe ne se tirent pas dessus. On va y croire jusqu’au bout. Il reste 10 matches, soit 10 matches à gagner ! On échange beaucoup sur notre groupe WhatsApp, on est tous motivés pour sauver l’USO. J’ai vécu cette situation au PSG en N2 (ex-CFA), avec David Bechkoura. Nous étions dans les profondeurs du classement à l’entame de l’hiver (ndlr : 1 victoire en 11 matches), pour finalement terminer sur le podium (ndlr : 3e du groupe A, lors de la saison 2014/2015). Tout est donc possible !»

Sa progression depuis son départ du PSG

« A la base, je ne suis pas un défenseur latéral de formation. En N2 (ex-CFA), j’arrivais à combler certains manques par ma débauche d’énergie. Plus tu montes, moins ça passe de la sorte. Il faut davantage jouer avec sa tête, avec calme, avec davantage de maîtrise technique. En somme, j’ai dû gagner en maturité tactique depuis mon départ du PSG en 2016. J’ai une progression ascendante, puisque je suis passé du N3 (ndlr : Blois Foot 41) au N2, puis du N2 (ndlr : FC Lorient B) au N1, et enfin du N1 au L2. Mon objectif est donc de jouer en L1 ! Qui sait peut-être la C1 d’ici 3 ans ! C’est dans un coin de ma tête. On joue au foot pour disputer les grandes compétitions. Je n’oublie pas d’où je viens, mais tant que je peux, je me donnerais les moyens d’y arriver !»

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Son actualité internationale

« J’ai retrouvé la sélection d’Haïti en septembre dernier, lors des qualifications pour la prochaine Gold Cup (ndlr : 3 titularisations qui portent à 7 son total de capes). Ca faisait trois ans que je n’avais pas été convoqué. Ca remontait à la Copa America aux USA. J’avais eu la chance de disputer un match contre l’Equateur. Ca avait été très compliqué ! (ndlr : défaite 4-0). En face, il y avait des joueurs qui étaient en Premier League anglaise, alors que moi je jouais en CFA au PSG…Ce match a comme été un déclic pour moi ! J’ai compris tout le travail qui me restait à faire pour espérer atteindre un jour le haut niveau. Malheureusement, nous n’avons pas réussi à nous qualifier directement pour la prochaine édition. On espère le faire lors des barrages. Haïti a régulièrement atteint le quarts de finale, voire les demi-finales de la Gold Cup. Nous serons des prétendants pour le titre !»

Ses ambitions à 24 ans

« La priorité des priorités reste la sécurité des joueurs et de tous les civils. La compétition passe après tout ça. Si tout est mis en oeuvre sur le plan sanitaire pour assurer la reprise du championnat, pourquoi pas ! Mais sans cela, il est hors de question que j’accepte de reprendre. La FFF aimerait clôturer la saison pour fin juin. Hors il nous reste 10 matches. Il va nous falloir une préparation athlétique adaptée, pour ensuite jouer tous les trois jours ! Si c’est pour se blesser, ça ne sert à rien…Le mercato va ensuite ouvrir, qu’en sera-t’il pour les joueurs blessés ? Pour l’heure, on attend comme tout le monde.»

Son avis sur le PSG actuel

« Le PSG peut clairement gagner la C1 ! Tous les voyants étaient au vert après la qualification contre le Borussia Dortmund. Les autres années, il y avait toujours des blessés en mars…Là, je le sens bien pour cette saison ou la prochaine, à condition de conserver Neymar et Mbappé ! Ils sont souvent critiqués par la presse française, mais franchement ils font des trucs de fou ! C’est une chance de les avoir ensemble. Quand Ronaldo était au Real Madrid, il était critiqué tout autant et pourtant il a permis de remporter plusieurs C1. On sent une âme cette année dans l’équipe du PSG. Après le match aller en Allemagne, je savais que ça se passerait bien. »

Ses plus grands moments au PSG

« Il y en a tellement ! Nous avions une promotion exceptionnelle avec Mike Maignan, Adrien Rabiot, Hervin Ongenda, Presnel Kimpembe, Franck Bambock…Nous avons tissé des liens forts. Nous sommes d’ailleurs toujours en contact, ça veut tout dire ! Je suis d’ailleurs très fier de leur réussite respective. J’espère un jour les rejoindre ! En 2012, nous avions remporté la toute première édition de la Al Kass au Qatar. C’était quelque chose ! Pas beaucoup d’équipes ont par la suite atteint notre niveau ! Il m’arrive de regarder la photo d’équipe…Franchement, rien à dire ! Je me souviens aussi du titre de champion de France U17 décroché en 2011, sous la coupe de Jean-Luc Vasseur. Nous avions survolé notre championnat, puis la phase qualificative, avant de retrouver l’OM en finale. On remporte le titre en jouant à 10 contre 11 pendant une heure ! On a souffert, mais on l’a fait ! Une ambiance de malade ! Une belle récompense pour un groupe de qualité. Je n’oublierais jamais mon apparition avec le groupe pro lors d’un match amical contre l’OGC Nice (ndlr : victoire 2-1, le 23 juillet 2014 à Béziers). Je suis entré en jeu après la pause, à la place de Van Der Wiel. J’avais une pression énorme, au point de ne pas avoir dormi la veille. Je ne m’attendais pas à cette convocation. Jean-Louis Gasset m’avait dit : « Ne t’inquiète pas la p’tite boule, ça va bien se passer ! » (rires) Il formait un duo super cool avec Laurent Blanc. Une fois sur le terrain, je me demandais ce qu’il fallait que je fasse tellement j’étais pris par l’émotion. En face, il y avait Amavi, Bodmer, Maupay, Eysseric, Bauthéac, Cvitanich…Et moi je me retrouve aux côtés de Pastore, Ibrahimovic, Camara, Chantôme, Douchez…J’étais super fier de jouer avec eux, des joueurs que je n’observais qu’à travers la TV habituellement ! C’était une sorte de cerise sur le gâteau, pour récompenser toutes mes années de formation, pour effacer certaines blessures et m’avouer qu’en bossant tout était possible. »

Son mot de la fin

« J’adresse un petit coucou aux Titis qui fréquentent actuellement le centre de Formation du PSG. Je leur conseille de s’accrocher, même si parfois c’est dur. Ne doutez pas de vous, même si parfois l’envie d’arrêter surgit. La seule vérité est celle du travail, celle du terrain, et non celle des réseaux sociaux. Je peux vous assurer que la promotion 95 ne perdait pas son temps à vouloir récupérer des photos après les matches. Et ce n’est pas parce que vous commencez à titiller le groupe pro, que tout est gagné ! Il faut savoir rester humble, garder la tête froide. Croyez en vos rêves ! Titi un jour, Titi pour toujours ! »