[Revue de Presse-Anciens] Kingsley Coman : « Ma passion pour le PSG s’est un peu estompée » (Le Parisien)

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Le double Titi d’Or 2012/2013, Kingsley Coman (21 sélections, 4 buts), traverse certainement sa meilleure période en équipe de France avec 4 titularisations de rang et 3 buts. Celui qui devrait être titulaire contre la Moldavie, jeudi soir au Stade de France (21 heures), est revenu pour Le Parisien sur ses blessures lors de l’année 2018 et son nouveau rôle d’attaquant.

LES BLESSURES

Savez-vous qui a prononcé cette phrase : « Est-ce que j’ai peur de quelque chose ? Oui, les araignées par exemple. Mais dans le football, non, je n’ai peur de rien ! »

(Il coupe) « C’est moi lors d’une de mes premières conférences de presse avec l’équipe de France. Peut-être même pour ma première sélection en équipe de France. »

C’était en 2016 exactement, juste avant le début de l’Euro. Êtes-vous toujours dans le même état d’esprit aujourd’hui ?

« Disons que pendant un petit moment j’ai eu peur de me reblesser. C’est une peur qui m’est venue. Mais à part ça… (je suis), je suis dans le même état d’esprit. »

Vous faites référence à l’année 2018 où vous avez été blessé et opéré à deux reprises de la cheville. Avez-vous parfois peur que votre corps vous lâche encore ?

« Avec le temps j’ai compris que les blessures arrivent. J’ai aussi compris pourquoi j’avais rechuté, au-delà du tacle qui a provoqué ma deuxième blessure. Je travaille pour que ça n’arrive plus, mais il y a beaucoup de joueurs qui se blessent, donc je me suis dit que ce n’était peut-être pas moi le problème. »

Vous avez pensé à un moment donné que votre physique était le problème ?

« Oui je me suis dit que mon corps n’était peut-être pas assez solide. Aujourd’hui, j’essaie de le renforcer et aussi d’éviter des tacles trop dangereux. »

Cela veut dire que vous avez modifié votre façon de jouer ?

« Avant si je voyais que l’adversaire allait me découper mais que je pouvais prendre la balle avant lui, j’y allais pour obtenir la faute. Aujourd’hui je vais laisser filer, car je sais qu’il y aura d’autres actions où je pourrai faire la différence. C’est ce que j’ai appris de cette année 2018. »

Footballistiquement, c’était une année éprouvante ?

« Oui car j’ai été opéré deux fois, avec de longues périodes d’indisponibilité en béquilles de 7 à 8 semaines. Et quand tu as des béquilles et une vis dans le pied, tu ne peux rien faire. Et à chaque fois quand tu reviens sur le terrain, la cheville est douloureuse. »

Vous aviez déclaré que vous aviez même songé à arrêter le football…

« J’avais dit après mon deuxième retour que je pourrais arrêter le football si je me reblessais une 3e fois, mais c’était à chaud, sous le coup de l’émotion. Psychologiquement j’ai été très bas, heureusement ça n’a pas été trop loin. »

Comment tentez-vous de prévenir les blessures ?

« Aujourd’hui je joue toujours avec un strap. Et puis j’ai un ostéopathe français qui vient me voir deux fois par mois à Munich. J’ai eu beaucoup de problèmes du côté gauche, donc je trouvais ça bizarre. Il m’aide sur beaucoup d’aspects et travaille sur l’ensemble du corps. Cela redonne de la souplesse et de l’élasticité à ma cheville. »

Il paraît que vous faites aussi très attention à votre poids ?

« Pour être à haut niveau tout le temps et enchaîner les bons matchs, j’ai besoin d’être à mon poids de forme. Je suis gourmand, et quand on est un peu fatigué, on a parfois tendance à se laisser un peu aller. Donc je fais très attention à mon alimentation et au sommeil, et je checke mon poids tous les jours. »

SON RÔLE D’ATTAQUANT

En 2016, Didier Deschamps vous demandait de la variété dans votre jeu et de prendre des risques. Est-ce que ses demandes ont évolué ?

« C’est toujours la même chose avec le maximum d’efficacité. C’était mon problème avant et ça l’est encore un peu aujourd’hui. Il veut que je sois présent devant le but, et pas uniquement sur le côté. Que je repique à l’intérieur sans la balle, en gros d’avoir encore plus de variété dans mon jeu. »

Avez-vous l’impression d’avoir gagné en efficacité cette saison ?

« Oui je me force à être plus présent devant le but, et je me crée plus d’occasions. Des fois ça rentre, d’autres fois non. Ceci dit je pense que je ne mettrai jamais 30, 40 ou 50 buts. Cet instinct de killer devant le but, je le travaille mais ce n’est pas naturel chez moi. J’ai l’amour de la passe décisive. Mais je sais que les buts sont devenus très importants. Donc je me fais violence, j’essaie d’être plus égoïste. »

Votre record de buts sur une saison est de 12. Est-ce que vous visez au moins 20 buts cette année ?

« En tout cas plus de 12 oui. Aller plus loin, c’est mon objectif. Les stats sont très importantes je le sais. Mais je ne vais pas dénaturer mon jeu et être tout le temps dans la surface. Je suis un ailier, mon jeu c’est avant tout de créer. Il faut une homogénéité et des joueurs différents dans une équipe. »

Vous avez enchaîné quatre titularisations avec l’équipe de France. Quel regard vous portez sur ces matchs ?

« C’est bien, c’est beau. Ça ne m’était jamais arrivé auparavant donc c’est une fierté. Et ça a changé ma perception des trêves internationales, maintenant je reviens encore plus fatigué en club. »

LES BLEUS, MBAPPÉ, LE PSG…

L’Albanie, est-ce votre meilleur match en Bleu ?

« Oui je pense. En général je faisais des bons matchs mais sans les stats. Là j’ai créé et fini des occasions ( NDLR : 2 buts ), et j’ai été aussi présent défensivement. C’était un match très complet. »

Vous avez flashé à 32,8 km/h lors de l’Euro 2016, et Mbappé à 32,4 km/h face à l’Argentine (stat Fifa) à la Coupe du monde. Lequel de vous deux est le plus rapide ?

« Je pense que c’est Kylian. Peut-être pas sur l’accélération, mais sur la longueur, il est certainement plus rapide que moi. »

Vous n’avez débuté qu’un match ensemble face au Pays de Galles, en novembre 2017. En quoi votre association peut-elle être bénéfique aux Bleus ?

« Nous sommes deux joueurs qui apportent de l’impulsion dans le jeu, nous sommes assez provocateurs. Cela apporte beaucoup de danger des deux côtés. Kylian Mbappé a un peu le même profil que Serge Gnabry au Bayern, il est plus finisseur que moi. »

Vous pouvez jouer à droite ou à gauche, mais avez-vous un couloir préféré ?

« Je préfère le côté gauche, mais je suis jeune et j’ai l’envie de jouer. Donc être polyvalent, c’est positif et ça offre plus de possibilités. Côté gauche je peux jouer n’importe quelle équipe et créer à partir de rien. En revanche du côté droit j’ai besoin d’être emmené et d’avoir de bonnes situations. Disons que je suis plus blocable par une défense. Mais paradoxalement je suis plus efficace à droite, c’est pourquoi le coach du Bayern (NDLR : Kovac limogé en novembre) me préférait à droite. Et contre l’Albanie par exemple, j’ai joué la plupart du match à droite. »

Vous êtes deux joueurs de champ, avec Presnel Kimpembe, originaires du PSG. Est-ce que cela vous surprend de ne pas être plus nombreux alors que dans votre génération il y avait Adrien Rabiot, Moussa Dembélé… ?

« Cela ne m’étonne pas, car nous sommes encore très jeunes. Je sais qu’un jour Moussa Dembélé sera appelé. Mais il y a aussi Mike (Maignan) et Alphonse (Areola), les gardiens. Et puis deux joueurs de champ, c’est grand et ça démontre les qualités de cette génération. »

En 2016 vous nous disiez être toujours supporter du PSG quand le Bayern ne jouait pas. Est-ce toujours le cas ?

« Cela s’est estompé. Ça fait longtemps que je vis à Munich et que j’ai moins de rapports avec la France. Au fond du cœur, si le PSG joue contre une équipe je vais le supporter, mais désormais je regarde plus le match de football. »