[Revue de Presse-Anciens] Les Fournier, père et fils, aux commandes de Poissy (Le Parisien)

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En privé, il l’appelle « papa » ou parfois « le padre ». Mais devant les joueurs de Poissy, c’est par un solennel « coach » qu’Anthony Fournier s’adresse à son père, comme l’évoque Le Parisien dans son reportage ce jeudi.

Nommé à la tête de l’équipe des Yvelines, qui débute le championnat de National 2 à domicile samedi face à Vitré (18 heures), l’ancien international du PSG (3 sélections) Laurent Fournier a demandé à son fils aîné (30 ans) de l’accompagner pour cette nouvelle aventure.

Ce dernier, qui était encore joueur aux Lusitanos Saint-Maur (N2) la saison dernière, a accepté de raccrocher ses crampons un peu plus tôt que prévu pour devenir l’adjoint du paternel en N2 (avec Vincent Magniez et l’ex-Titi du PSG Jérôme Audrain). Il chapeautera également les équipes de jeunes du club.

Rien ne prédestinait pourtant une telle association. Pas si vite en tout cas. « Je me voyais bien poursuivre ma carrière de joueur même si entraîner m’a toujours intéressé et si j’ai toujours été éducateur dans les clubs où je suis passé, confie le jeune retraité. Il y a plusieurs années, j’avais passé mes diplômes d’entraîneur et pour les finaliser je devais obtenir une validation d’acquis d’expérience de 400 heures dans un club de Ligue ou de niveau national. C’était donc le projet idéal pour moi. J’aimerais devenir entraîneur pro même si je sais que c’est un métier dur… »

Entre-temps, Fournier père a ouvert un restaurant

Son père peut en témoigner. « Déçu » par des expériences malheureuses et limogé avant la fin de ses contrats à Auxerre (Ligue 2, en 2012), au Red Star (N, en 2013) et à Créteil (N, en 2016), Laurent Fournier (54 ans) avait orienté sa vie vers d’autres terrains, ceux de la gastronomie en ouvrant une épicerie fine, puis un restaurant chez lui à Feucherolles (Yvelines). Mais quand les dirigeants du club lui ont présenté le projet de Poissy, il a replongé « sans hésitation. J’aime qu’on me laisse travailler tranquillement, avec mes idées, explique l’ancien milieu de terrain du PSG. Cela c’était très bien passé à Paris, à Créteil aussi la première année, et Strasbourg, mais je ne veux pas que le président demande l’avis de gens extérieurs au foot… »

Même s’il n’a jamais été avare de conseils pour son fils, et que les deux hommes assurent « partager la même passion et la même vision du foot », cette association père-fils sera une première pour les deux hommes. « J’aurais pu le prendre dans des clubs que j’entraînais par le passé mais je ne l’ai jamais fait contrairement à certains… Je ne l’ai jamais aidé, affirme l’ancien vainqueur de la Coupe d’Europe des vainqueurs de coupes en 1996 avec le PSG. Mon père m’a toujours appris que le piston ne marchait pas, si Antho est là c’est parce qu’il mérite ce poste, sinon je ne lui aurais pas demandé de venir. Il le sait. Je pense que sa voie est là. » « J’espère être légitime et je pense que je suis fait pour ça, en tout cas je vais tout faire pour le prouver », répond en écho le fiston.

Si la même exigence, une belle complicité et une confiance sans faille les lient, cela n’exclut pas certaines engueulades dans l’intimité du vestiaire. Mais jamais en dehors du stade. « Ça ne dure jamais longtemps », rigole Anthony. « C’est normal de ne pas être d’accord mais je préfère qu’on se dise les choses plutôt que d’avoir des adjoints qui disent amen à tout, apprécie le double champion de France (Marseille en 1991 et PSG en 1994). Après, c’est moi qui décide. Ce n’est pas compliqué de travailler (NDLR : en famille) quand on a les compétences. C’est une belle expérience et j’espère que cela se traduira par quelque chose de positif en fin de saison. » Comme une montée en National, par exemple…

Dernière minute : Clément Chantôme s’entraîne avec l’AS Poissy.