[Revue de Presse-Anciens] Pilorget : « La finale de 82 est mon plus beau souvenir de footballeur » (Ouest-France)

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Il y a trente-huit ans, en 1982, la finale de la Coupe de France oppose le Paris Saint-Germain, jeune club créé douze ans plus tôt, à l’AS Saint-Étienne, grande équipe des années 1970. Ce match propose un scénario invraisemblable : prolongation, égalisation de Dominique Rocheteau pour le PSG à la 120e minute, envahissement de terrain, séance de tirs au but. Le Titi Jean-Marc Pilorget, défenseur parisien, est revenu sur la rencontre devenue légende, pour le journal Ouest-France.

« Il y a deux moments, indissociables, pour ma part : mon penalty, parce que c’est celui de la victoire, du premier titre de Paris, de mon premier titre. Et puis, il y a Francis Borelli (alors président du PSG), parce que… Voilà. (Il marque une pause). Ça a été plus qu’un président pour moi. Il était un père spirituel. Et j’ai toujours une grande tendresse pour cet homme-là. »

Il était une fois… Francis Borelli

« Ca allait d’un but à l’autre, ça n’arrêtait pas ! Et c’était une grande surprise, car, généralement, lorsqu’on regarde les matches de notre génération, on a l’impression que ça n’avance pas. Là, c’est une finale où ça jouait vite. Et puis, il y a eu tellement de choses dans ce match… »

« Nous, on était complètement novice. On avait de la pression parce qu’on attendait un premier titre depuis longtemps. Puis, il ne faut pas se voiler la face : on jouait contre la meilleure équipe depuis un certain nombre d’années. […] Babat’ (Bathenay) et Dominique (Rocheteau) étaient deux joueurs d’expérience. Ils étaient là pour nous rassurer, pour jouer les grands frères. Ils ont eu un rôle prépondérant dans la préparation. »

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« On n’a jamais cessé d’y croire mais c’était inespéré ! Et quand on marque, ça part en live dans tous les sens. C’est des joies que seuls des matches de Coupe peuvent apporter. Le public envahit la pelouse. Mais on n’a pas eu peur, car c’était vraiment sans agressivité. »

« On sortait d’une séance de tirs au but en demi-finale trois jours plus tôt (contre Tours, 0-0, 2-1 tab). Peyroche nous demande qui se sent de le tirer. Moi, dès le premier, je le sens bien et je lève le doigt. Mais je ne sais pas s’il ne me voit pas ou s’il ne veut pas me voir, mais il ne me désigne jamais. Alors que je levais la main à chaque fois ! À la fin, je me suis dit, c’est bon, j’y vais ! »

« Je marque le but du titre. Et là, très vite, il y a Francis (Borelli) est le premier qui me tombe dans les bras. Ça a été une accolade très brève mais intense. On s’est regardé et on s’est dit « Merci » mutuellement. Il n’y avait pas besoin de plus. »

« Pour moi, c’est LE souvenir marquant. Près de quarante ans après, on ne me parle quasiment que de ce match pour résumer ma carrière. C’est mon plus beau souvenir de footballeur et ça permet qu’on reparle de moi de temps en temps, ça fait plaisir. »

« Le PSG était un jeune club. Avant cette finale, lors de nos déplacements, il y avait une certaine rivalité, classique, entre la capitale et la province. On était moqués car on était Paris, avec des moyens, mais on n’avait pas de résultat. Cette finale a été la première étape qui a commencé à faire changer la mentalité des gens envers le PSG. »