[Revue de Presse-Pros] Guégan : « Ce soft power donne la capacité au Qatar de changer d’image » (La Vanguardia)

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Expert en géopolitique sportive, Jean-Baptiste Guégan a livré son analyse concernant le recrutement de Lionel Messi par le propriétaire qatari du PSG.

Plus encore qu’en 2017 au moment des recrutements combinés de Neymar et Kylian Mbappé, le Paris Saint-Germain a crée une véritable surprise en parvenant à attirer Lionel Messi lors du mercato estival version 2021. Un coup de tonnerre dans le monde du football, et un coup de maître sur le plan géopolitique sportif. C’est en tout cas ce qu’estime Jean-Baptiste Guégan.

L’auteur de l’ouvrage « Géopolitique du sport, une autre explication du monde » est revenu sur le transfert de l’Argentin. Dans les colonnes de La Vanguardia, il a notamment expliqué la motivation principale des propriétaires du club parisien : « Un tel événement change la donne aux yeux de l’opinion publique. Le football permet de blanchir son image internationale, de la contrôler. C’est ce qu’on appelle le ‘soft power’. »

Et Jean-Baptiste Guégan de poursuivre son analyse : « Le PSG reste un club, mais avec le rachat par Qatar Sports Investments (QSI), il est devenu un instrument au service de la politique qatarie. Un élément de diplomatie par le sport. Ce soft power donne la capacité au Qatar de changer d’image et de gagner en attractivité en ce qui concerne les investissements, le tourisme et les professionnels hautement qualifiés dont il a besoin. »

Quant au recrutement de Lionel Messi, le spécialiste explique qu’il aurait donc fait effet de diversion et lui aurait permis de préserver l’image du Qatar : « Rappelez-vous l’article du Guardian sur les milliers de morts sur les chantiers des stades (construits pour la prochaine Coupe du monde 2022 organisée au Qatar, ndlr). Peut-être qu’ils n’auraient pas perdu l’organisation de cette Coupe du monde, mais ils auraient été encore plus critiqués. Et il y a un autre facteur, lorsque Messi a signé avec le PSG, les États-Unis et les talibans négociaient à Doha. »