[Revue de Presse-U19] Aouchiche et Nianzou Kouassi : jusqu’où la surenchère pour les espoirs français ? (Le Parisien)

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Pour le grand public, les Parisiens Adil Aouchiche et Tanguy Nianzou Kouassi, sont encore d’illustres inconnus. À 17 ans, ils sont pourtant au cœur d’enjeux économiques et sportifs colossaux, comme le rappelle Le Parisien.

En juin, ces trois éléments phares de l’équipe de France, 3e de Mondial des moins de 17 ans en novembre, arriveront au terme de leur contrat aspirant. Depuis le 1er janvier, ils sont donc libres de signer leur premier contrat professionnel dans leur club formateur, ou ailleurs. Le club acquéreur devrait seulement s’acquitter d’une indemnité de formation de quelques centaines de milliers d’euros.

« Les clubs français hésitent toujours à s’attaquer entre eux, mais pour les étrangers, c’est un vrai moment pour tenter de piquer des talents, explique l’agent Philippe Mayuma-Kikodi (ndlr : frère de l’ex-Titi Dadi, promo 81), qui a été dans une situation similaire à la fin du contrat stagiaire de Stanley Nsoki. En France, les clubs ont un retard à l’allumage. Ils tardent à considérer la valeur des joueurs, ce qui frustre leurs interlocuteurs. En général, c’est d’abord le directeur du centre de formation qui mène les discussions, avec des moyens limités. Le directeur sportif arrive comme un pompier pour s’aligner sur les propositions des clubs étrangers. »

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L’exemple du défenseur transféré cet été à Nice résume bien les enjeux. Nsoki s’était vu proposer lors de la première réunion avec le PSG une prime à la signature de 90 000 € et un salaire mensuel de 8 000 €. Il avait finalement signé en septembre 2018 pour… 3,2 millions d’euros (M€) de prime à la signature et 65 000 € par mois, face à la pression de clubs comme Barcelone ou Newcastle. Un record pour un premier contrat français, selon son ex-représentant.

« Il y a de nombreux espoirs qui partent, parce que les clubs français ne reconnaissent pas la valeur de leur formation, appuie Michel Rablat, recruteur pour Everton qui suit de très près les espoirs français. Ils achètent de plus en plus de jeunes joueurs à l’étranger qui barrent la route de leurs propres éléments. Aouchiche ou Kouassi devraient être bouclés beaucoup plus sérieusement depuis longtemps. Les clubs étrangers, eux, voient le label de la formation française. À Everton, ils sont fous des jeunes Français. »

Un autre acteur du marché des talents en herbe complète : « Ce que tu comprends à Paris, dans l’argumentaire, quand tu es un joueur du centre de formation, c’est en gros : tu es un petit, donc contente-toi de ce que tu as ; petit contrat, petite place et ne viens pas nous emmerder. Dans les autres clubs, tu es reçu comme un futur pro avec un statut égal ou supérieur à ce que propose Paris ». En plus d’une prime de 1,5 M€, sur laquelle le PSG aurait pu s’aligner, c’est notamment en lui faisant rencontrer Pep Guardiola que Manchester City a décroché la signature de Claudio Gomes en 2018.

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Pour Nianzou Kouassi et Aouchiche, projets sportif et financier se mêlent dans les discussions. Leipzig, spécialiste du détournement de pépites françaises, est en pole position pour accueillir Tanguy Nianzou Kouassi. Le club allemand lui a fait miroiter la succession de Dayot Upamecano, alors que le plan parisien pour lui reste moins tracé. La prime à la signature avoisinant les 4 M€ promise au Titi parisien est un argument supplémentaire, même si ses représentants continuent de discuter avec d’autres clubs et avec le PSG, pour ne se fermer aucune porte.

Adil Aouchiche privilégie à l’inverse le PSG dont lui et sa famille sont fans, mais demande des garanties sur sa place dans la maison parisienne. Le PSG devrait débloquer une prime à la signature proche de 3 M€ pour verrouiller le deuxième meilleur joueur du mondial U17. Le dossier pourrait avancer d’ici à la fin du mois de janvier.

Les montants évoqués peuvent paraître déraisonnables pour des joueurs qui totalisent, à eux trois, huit apparitions en équipe première, mais le calcul est souvent rapide. Nsoki a été vendu 12,5 M€ moins d’un an après son changement de statut à Paris. Le record de rentabilité revient à Kylian Mbappé, cédé pour 180 M€ seulement 18 mois après un premier contrat assorti d’une prime proche de 3 M€, à Monaco. Si l’on ajoute à ce phénomène l’appétit de certains agents, qui contournent parfois l’interdiction d’être rémunérés pour des transferts de mineurs, l’exode au sortir de l’adolescence a de beaux jours devant lui.