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Lanterne rouge du groupe C avant la 28e journée, en National 2, la réserve du HAC a stoppé l’hémorragie ce samedi face à l’équipe B du PSG. Une victoire (1-0) qui intervient après six mois très compliqués (une seule victoire face à Vitré en mars dernier). La formation d’Abasse Ba veut à tout prix se maintenir dans cette division. C’est le souhait et l’objectif clairement affiché par le directeur du centre de formation. L’ex-cadre du PSG François Rodrigues explique les raisons de cet impératif, mais également celles des difficultés rencontrées par la formation d’Abasse Ba. L’ancien formateur du PSG livre également son souhait : que la FFF envisage la création d’un championnat réservé aux centres de formation.
« Si par une succession de mauvais résultats, nous devions redescendre sur la catégorie N3, ce ne serait pas une fin en soi. Ce ne serait pas dramatique, on continuerait à former des joueurs. Le problème, c’est que la N3, en Normandie, me paraît insuffisamment élevée en terme de niveau, ce qui pourrait engendrer quelques problèmes, notamment quand les pros redescendent. On n’aurait alors pas forcément de cohésion entre le travail de formation et la gestion des pros. »
« L’argument économique est à souligner, en effet. Il est clair que le niveau N2 engendre des déplacements extrêmement longs, donc coûteux. Mais là n’est pas notre souci. Encore une fois, l’objectif est clair : maintenir l’équipe en N2. »
« Plusieurs raisons. La première, c’est que la N2 a un très bon niveau. On le voit chaque saison avec des grosses performances de club de N2 qui battent des Ligue 2 ou des Ligue 1, en Coupe de France. Notre équipe pro, par exemple, a perdu contre Vitré, club que nous avions battu avec notre réserve. Les équipes sont extrêmement bien préparées, elles s’entraînent quasiment tous les jours, elles bénéficient de garçons qui sont sous contrats fédéraux, entre cinq et dix, voire quinze contrats de ce type. N’oublions pas non plus que les centres de formation forment et alimentent des joueurs pour les clubs pro, en ce qui concerne les meilleurs, mais que les seconds couteaux alimentent les clubs de N2. Cela veut dire que ces jeunes qui sont passés tout près d’un contrat pro rebondissent en National, en N2 ou en N3, avec un bagage footballistique très élevé. J’en sais quelque chose : avec la réserve du PSG, que je dirigeais en N2, on a souffert. C’est d’ailleurs aussi pour cela qu’on souhaite maintenir notre réserve, pour continuer à faire progresser nos jeunes. »

« Oui. Nous sommes confrontés à des jeunes qui arrivent très tôt, à 17 ou 18 ans, sur ce niveau, parce qu’on croit qu’il faut qu’ils sortent du football de jeunes et qu’ils se confrontent à un football d’adultes. Seulement, ce football d’adultes est un football de qualité. Il y a donc un choc qui se crée pendant un certain temps. Et s’il n’y a pas une aide des pros qui redescendent ou de trois ou quatre joueurs cadres qui restent dans cette équipe, il est très difficile de se maintenir. Quand j’étais au PSG, j’avais une équipe très jeune mais j’avais aussi quelques cadres qu’on avait signé pro, des joueurs d’un très bon niveau, qui encadraient les jeunes. On avait pris cette option, avec une épine dorsale et des jeunes qui se greffaient autour d’eux. Au HAC, la situation est aujourd’hui différente. Il y a un accord mis en place avec le staff et le directeur sportif : nous jouons avec un groupe de jeunes issus du centre et des pros qui redescendent le weekend parce qu’ils n’ont pas eu le temps de jeu escompté avec la première. »
« Evidemment. En janvier, par exemple, notre équipe pro était sur trois tableaux. Très peu de joueurs pro redescendaient, ils étaient concentrés et se consacraient aux objectifs de la première. On a donc dû faire jouer beaucoup de jeunes, ce qui a engendré une succession de résultats négatifs, parce qu’on jouait très jeunes. »

« Bien sûr. Vous mettez le doigt sur l’une des orientations que doit avoir, selon moi, la Fédération Française de Football. Malheureusement, c’est mon avis, nous sommes fortement influencés par le football amateur qui souhaite que les réserves restent dans le championnat amateur, parce que cela leur permet de vendre des belles affiches. Moi, pour l’évolution de nos jeunes et pour l’évolution de foot français, j’irais sur la création d’un championnat U-23, avec les centres de formations. Ou bien, deuxième option, de permettre à certaines réserves des clubs phares d’accéder à des catégories supérieures. En Espagne, le Barça joue en Liga et la réserve joue juste en dessous, en deuxième division. Mais pour moi, la création d’un mini championnat des réserves réglerait pas mal de problèmes. Il n’y aurait plus le souci de montées et descente. Nous serions dans une vraie continuité de formation. »
« C’est exactement ça. Je me mets à la place une équipe amateur. Je peux me retrouver face à une équipe du HAC avec 10 pros. Et le week-end suivant, cette même équipe se présente avec huit joueurs du centre de formation, dont des garçons qui ont entre 17 et 18 ans. C’est vrai qu’il y a une part d’incohérence et, comme vous le dîtes, cela peut fausser le championnat. »