[Revue de Presse-Pros] Sébastien Cibois : « Nous étions vraiment fusionnels entre gardiens » (Le Parisien)

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Alors que le PSG vient d’annoncer que le contrat de Gianluigi Buffon ne serait pas prolongé, le troisième gardien parisien Sébastien Cibois, lui aussi peut-être sur le départ, décrit pour Le Parisien les moments inoubliables qu’il a passés et l’expérience qu’il a engrangée cette année.

Sébastien Cibois est l’homme de l’ombre du trio des gardiens parisiens. Celui qui a partagé toutes les séances d’entraînement avec Alphonse Areola et Gianluigi Buffon – qui ne prolongera pas son contrat avec le PSG -, sans bénéficier de la moindre minute de jeu en match officiel. Le joueur de 21 ans, qui devrait quitter Paris cet été, a accepté de nous raconter sa saison passée auprès de la légende italienne.

Comment avez-vous réagi lors de la signature de Gianluigi Buffon au PSG ?

SÉBASTIEN CIBOIS. J’étais super content, parce que c’était l’une de mes idoles. Quand il est arrivé, il affichait une joie de vivre incroyable, le feeling est passé immédiatement. Il était très simple, très humble. Il a été sympa et moi je ne suis pas quelqu’un qui casse la tête aux gens.

Étiez-vous intimidé ?

Non, je n’étais pas intimidé, seulement content qu’il soit là. Dès son arrivée, il parlait très bien français, ça montre toute sa grandeur. Malgré sa carrière, il me posait des questions, me demandait depuis quand j’étais au club et avec les pros. Franchement, j’ai passé l’une de mes meilleures années au PSG avec lui et Alphonse.

Lui avez-vous posé des questions, demandé des conseils ?

On n’a même pas besoin de lui poser des questions. On voit comment il fait sur les exercices. Si on fait un truc qui le dérange, il dit : « Tu devrais peut-être plutôt faire comme ça ». Il a toujours pris le temps de bien m’expliquer, sans que je lui demande. Je retiens surtout ce qu’il m’a dit à propos de l’attaque de la balle, de ne pas attendre le rebond, de l’attaquer, pour ne pas se faire surprendre.

Quelle relation s’est nouée entre vous au fil du temps ?

Je lui disais souvent qu’il pourrait être mon père, parce qu’on a 20 ans d’écart. Et lui, il me parlait comme à son fils. S’entraîner avec quelqu’un qui a 20 ans de plus, c’est incroyable. Surtout Gigi Buffon, une légende vivante. On rigolait de cette différence d’âge. Avec respect, bien sûr, parce que quand on est jeune et qu’on a quelqu’un de plus âgé face à soi, c’est ce qu’il faut faire.

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Buffon, Cibois et Areola à l’entraînement, le 13 septembre 2018, avant la rencontre face à Saint-Etienne./LP/Arnaud Journois

Cette différence d’âge a-t-elle rendu votre lien avec lui plus spécial que celui avec Alphonse Areola ?

Non, Alphonse, c’est encore pire ! Lui, il m’appelle vraiment « Petit frère », et moi « Grand frère ». Notre entente est encore plus incroyable, parce qu’on se connaît depuis longtemps. C’est vraiment comme si c’était mon grand frère.

Et quel était le lien entre Alphonse et Gigi cette saison ?

Tous les trois, à chaque fois qu’on s’entraînait, on était vraiment fusionnels. Eux deux aussi s’entendaient super bien. Gigi encourageait Alphonse sur ses super parades, et pareil dans l’autre sens. Avec l’entraîneur des gardiens, Gianluca Spinelli, on a vécu une relation comme je ne l’ai jamais vu entre des gardiens. Même dans l’avion, on était tout le temps tous les trois à côté : avec Alphonse on prenait une rangée de deux sièges, et Gigi se mettait côté couloir pour être à côté de nous sur la même ligne. On a vraiment formé une équipe incroyable. Personne ne pouvait nous mettre des couteaux dans le dos.

Quel bilan personnel faites-vous de cette année et comment s’annonce votre futur ?

Normalement, je ne serai plus là l’année prochaine, mais je suis très content de ma saison. Travailler avec Alphonse et Gigi m’a fait grandir et progresser. En 2019, j’ai passé un cap. Mes agents ont eu un rendez-vous avec Antero Henrique. Il y a plusieurs possibilités : un prêt avec ou sans option ou une vente. Mon objectif est de jouer à un niveau supérieur au National 2. Il y a des contacts, je suis dans l’attente de clubs. Je suis ouvert à plusieurs pays, plusieurs championnats.

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Troisième gardien du PSG, Sébastien Cibois n’a pas disputé aucune minute en L1 cette saison./LP/Arnaud Journois

Vous êtes-vous fait vos adieux avec Gigi ?

Oui, après le match à Reims, il m’a demandé si je savais où j’allais. Il m’a dit de le tenir au courant, et on s’est fait un câlin. Gigi, c’est une personne énorme. Il est adorable avec tous les gens qu’il connaît, et même ceux qu’il ne connaît pas. C’est un mec en or, un gentleman, quelqu’un d’incroyable.