[Revue de Presse-CFA] Zizanie au centre de formation du PSG (LP)

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Les conflits et le manque de communication entre les différents acteurs de l’académie parisienne créent une atmosphère qui rejaillit sur les jeunes joueurs et sur toute l’institution. Tel débute l’article du jour paru dans le journal Le Parisien. Le quotidien est allé à la rencontre de plusieurs observateurs qui gravitent autour de la structure rouge et bleu.

« C’est le grand bordel ! C’est vraiment extraordinaire ! » Voilà l’exclamation d’un agent lorsqu’on évoque le centre de formation de l’institution. Le constat est partagé par de nombreux autres proches de joueurs, ce qui les pousse parfois, de leur aveu, à envisager l’avenir ailleurs qu’à Paris.

La cacophonie au cœur de l’académie de Saint-Germain-en-Laye contraste avec le nombre de joueurs formés au club qui ont évolué en équipe première cette saison (onze au total) et la réussite de certains jeunes partis très tôt sous d’autres cieux.

De révolutions de palais en prises d’influences des différents clans, l’institution s’est enlisée dans une gouvernance très surprenante. « Je ne comprends rien dans ce club. Luis (Fernandez) vient à la formation, il est écarté, puis il revient chez les pros… Reuzeau, on le fout dehors et on le reprend… », illustre un recruteur habitué du stade Georges-Lefèvre.

L’organigramme a effectivement pas mal valsé ces dernières années. En tant que directeur sportif de la formation, Luis Fernandez avait pour mission de suivre les jeunes espoirs et d’assurer un lien avec les familles. L’entraîneur champion d’Europe en 1996 a été mis au placard sans explication en fin de saison dernière par Antero Henrique avant de revenir récemment dans un rôle de superviseur.

Tout passe par le clan Henrique

Comme à l’étage supérieur, le directeur sportif fait à sa manière : secrète et clivante. Le Portugais a aussi écarté Carlos Romagosa l’an dernier, pour placer un homme de confiance au poste de directeur technique, son compatriote Paulo Noga, avec qui il avait travaillé à Porto. De quoi s’interroger sur l’utilité du retour en tant que manager général de la formation de Bertrand Reuzeau, passé par les prud’hommes et par Monaco après avoir été écarté de son poste de directeur du centre (2005 à 2016). Réembauché par l’entremise de Jean-Claude Blanc, ce dernier ne savait même pas le dernier jour du mercato hivernal quels jeunes joueurs pourraient être prêtés ou vendus.

En réalité, tout passe par le clan Henrique, dont fait aussi partie Maxwell. Ce sont ses membres qui gèrent la signature des contrats et leurs renouvellements. Ils ont aussi nommé Leeroy Echteld à la tête de la réserve en début de saison. Un entraîneur néerlandais qui continue de donner ses consignes en anglais à des jeunes un peu perdus. L’équipe est enlisée en bas de tableau en National 2 et n’est pas encore assurée du maintien. Au PSG, cette arrivée reste un mystère et fait beaucoup jaser.

Pas de cap…

Dans ce cadre, la communication et les échanges entre les différentes strates du club sont très restreints. « Les entraîneurs des équipes de jeunes sont livrés à eux-mêmes, pointe un salarié. Ils n’ont aucune relation avec la direction sportive, ne se concertent jamais entre eux et sont maintenus dans l’ignorance sur la planification des carrières des joueurs. Bref, il n’y a jamais rien de clair. »

Circonstance aggravante, les effectifs sont pauvres, ne serait-ce que sur le plan quantitatif. Le week-end dernier, avant le derby face à Boulogne-Billancourt, les entraîneurs de l’équipe réserve (National 2, la quatrième division) ont même dû convoquer deux joueurs de l’équipe amateurs, qui évolue en Régionale 1, pour faire le nombre. Ironie de l’histoire, c’est l’un d’entre eux (De Oliveira) qui a marqué le but décisif.

Pas de com…

Le dossier Thiago Motta a aussi illustré cet isolement. L’ancien vice-capitaine de l’équipe première a voulu faire les choses à sa manière, avec caractère. Il a décidé d’aligner uniquement les joueurs de son groupe d’entraînement, dont il n’a pas choisi la constitution en début de saison. Un choix qui a mis un terme brusque aux passerelles entre les différentes catégories de la maison. De ce fait, la promesse de jouer en Youth League, la Ligue des champions des moins de 19 ans, formulée par les dirigeants à certains membres de la réserve, n’a pas été tenue.

Motta ne communique pas, ou quasiment, avec Henrique ni avec Echteld. Encore moins avec Thomas Tuchel, qui n’échange régulièrement avec aucun responsable de la formation. Ce climat ne facilite pas la donne pour convaincre les meilleurs espoirs que leur avenir est à Paris.

« Depuis des années, les dirigeants et les entraîneurs des différentes équipes se tirent la bourre, déplore le père d’un pensionnaire. Ça commence même en moins de 15 ans. Cela influe sur tout le club. On ne vient jamais nous parler. On ne comprend rien, mais on voit bien que ça ne se passe pas comme dans les autres grands clubs où il y a une osmose. »

Le genre d’atmosphère qui pourrait forger l’identité et l’état d’esprit qui manquent à certains jeunes, comme le déplore parfois en interne Thomas Tuchel.